Afp
27 Mars 2008
L'Union des Comores a lancé hier le processus de reprise en main politique d'Anjouan en nommant une administration provisoire dans l'attente d'un gouvernement de transition, alors que l'ex-président de l'île est toujours traqué par les forces africaines.
Mutsamudu - Au lendemain du lancement de l'opération « Démocratie aux Comores », qui a permis de prendre le contrôle de la majorité de l'île d'Anjouan, l'Etat fédéral a décidé de nommer l'un des vice-présidents de l'Union des Comores pour administrer Anjouan, dans l'attente d'un gouvernement de transition.
"Le vice-président Ikililou Dhoinine représentera l'autorité politique à Anjouan d'ici à la mise en place d'un gouvernement de transition sur l'île. Ce gouvernement de transition sera mis en place d'ici à la fin de semaine", a déclaré le porte-parole du gouvernement comorien, Abdourahim Said Bakar, à l'issue d'un Conseil des ministres à Moroni.
Le président d'Anjouan, Mohamed Bacar, a été renversé lors d'une opération militaire lancée mardi sur Anjouan par l'armée comorienne soutenue par des troupes mandatées par l'Union africaine (Ua). La mission de M. Dhoinine consistera notamment à faire fonctionner l'administration car "l'administration (de M. Bacar) a été dissoute", a expliqué M. Said Bakar.
Hier, les forces africaines étaient toujours à la recherche de Mohamed Bacar. Sa résidence privée dans le village de Barakani (zone de Ouani, à environ 3 km au Nord de la capitale Mutsamudu) a été désertée et saccagée. Le palais présidentiel Dar el Najah de M. Bacar, également déserté, était hier sous le contrôle des forces comoriennes.
Une opération militaire a été menée hier matin dans la zone du palais, mais les tirs entendus dans la matinée avaient cessé en début d'après-midi. "Les troupes sont en opération pour nettoyer le secteur de la présidence (de M. Bacar) et sécuriser la zone", avait précisé hier matin le porte-parole de l'Armée nationale de développement (And) comorienne, Ahmed Sidi, depuis l'île voisine de Mohéli.
La situation restait tendue dans la capitale anjouanaise, patrouillée par des militaires tanzaniens. Les forces comoriennes et africaines avaient pris mardi le contrôle de Mutsamudu sans rencontrer de grande résistance. Depuis le début de l'opération mardi à l'aube, au moins onze civils ont été blessés à Anjouan, selon un nouveau bilan.
Cinq civils, blessés par balles et par des éclats d'obus, ont été soignés mardi et trois hier au centre hospitalier régional d'Anjouan, situé à Hombo, dans la banlieue de Mutsamudu. En outre, trois nouveaux blessés en provenance de la zone de Ouani étaient acheminés vers l'hôpital en début d'après-midi.
L'opération "Démocratie aux Comores" a débuté mardi à l'aube pour chasser du pouvoir le colonel Bacar, dont la réélection en juin 2007 n'a été reconnue ni par l'Union des Comores, archipel très pauvre de l'océan Indien, ni par l'Ua.
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