Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Les étudiants anjouanais à Dakar créent une commission de crise pour aider leurs compatriotes en difficulté

27 Mars 2008


Dakar — Les étudiants anjouanais résidant à Dakar ont mis en place une commission de crise, pour venir en aide à leurs compatriotes qui ne reçoivent plus de l'argent de leurs familles, du fait de la situation politique qui règne dans leur île d'origine.

"Nous, qui sommes ici à Dakar, avons mis en place une commission de crise pour épauler certains d'entre nous qui sont en difficulté ou qui sont concernés par cette crise", a confié à l'APS le coordonnateur de la commission, Madjide Said Wali, étudiant en Master II de finances.

Selon lui, nombre d'entre eux n'ont pas reçu de l'argent depuis que la crise a éclaté à Anjouan.

Les étudiants anjouanais collectent de l'argent afin d'acheter de la nourriture pour leurs compatriotes en difficulté, mais aussi pour intervenir auprès des écoles de formation, pour que leur soit accordée une dérogation.

"La situation des Anjounais à l'intérieur comme à l'extérieur de l'île est vraiment chaotique. Surtout nous qui sommes à Dakar et qui attendons l'argent de Moroni", a souligné Madjide Said Wali.

La situation est tellement "catastrophique" que beaucoup d'étudiants ont des problèmes pour trouver de la nourriture, mais aussi pour payer leurs frais de scolarité, indique le coordonnateur de la structure.

Au nombre d'environ 100, les étudiants anjouanais à Dakar sont répartis dans 39 maisons à travers la capitale sénégalaise.

Cinq d'entre eux qui reçoivent de l'argent de proches installés en France se sont sentis "obligés" de se cotiser pour acheter des sacs de riz à leurs collègues dont les parents sont restés au pays. Du riz, pas "autre chose", sera distribué aux personnes concernées, a précisé M. Wali.

Depuis le mois de novembre l'île d'Anjouan est mise sous embargo par l'Union africaine (UA). La communication ne passant pas, personne d'entre eux n'arrive à recevoir des informations de sa famille, encore moins de l'argent. Depuis trois mois, "on ne reçoit rien", insiste-t-il.

A propos des familles restées à Anjouan, le responsable des étudiants anjouanais précise que ce ne sont "pas en fait, des fonctionnaires mais plutôt des cultivateurs, des vendeurs de tomates", qui comptent sur ces activités pour payer les études de leurs enfants.

"Nous sommes obligés de faire cette commission pour aller voir les responsables des écoles privées sénégalaises pour leur expliquer ce problème, même s'ils sont au courant de la situation", note-t-il encore. Le but de cette action est qu'on leur accorde un délai, en attendant que le pays retrouve sa stabilité politique, a-t-il affirmé.

La plupart des étudiants qui sont à Dakar subissent une formation dans les écoles privées. "Il y a des responsables qui acceptent, et nous profitons de cette occasion pour les remercier", lance-t-il au passage.

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