Cameroun: Centre - Recrudescence du paludisme à Ngomedzap
Cameroon Tribune (Yaoundé)
28 Mars 2008
Publié sur le web le 28 Mars 2008
Owona Seme Martin
Ngomedzap (Nyong et So'o)- Dans le tableau épidémiologique de Ngomedzap, le paludisme tient le haut du pavé. En effet, sur 1408 malades reçus en consultation au centre médical de cet arrondissement en 2007, 222 dont 44 enfants de moins de 05 ans souffraient de paludisme. Selon le Dr. Essomba Enobo Antoine, medecin-chef en poste là-bas, le paludisme constitue la première cause de morbidité dans son aire de santé. Devant l'ampleur du mal qui s'enracine, la population souhaite la remise en place du programme de nivaquinisation des années 80 qui avait fait reculer le paludisme dans tout le Nyong et So'o. La dysenterie et les amibes forment le deuxième groupe des maladies les plus courantes de la région. Elles sont liées à la mauvaise qualité de l'eau consommée par la plupart des ménages. Le VIH/Sida arrive en troisième position. Douze cas de séroprévalence ont été détectés chez 137 femmes enceintes consultées l'an passé.
Heureusement, le médecin-chef et son équipe appliquent avec tact et dévouement, les programmes définis par le ministère de la Santé Publique. Les femmes enceintes reçoivent gratuitement la sulfadoxine-pyriméthamine dans le cadre du traitement préventif intermittent contre le paludisme. Celles qui sont testées positives, les mères et leurs nouveaux-nés bénéficient des mêmes largesses en matière d'anti-rétro-viraux. Parallèlement, les campagnes de sensibilisation et de dépistage se poursuivent sans relâche. La maîtrise technique du Dr. Essomba a ramené les populations à l'hôpital. De 20 patients par mois en 2006, on y a franchi le cap de 150 consultations mensuelles en 2007, tandis que le taux de vaccination plafonnait à 126 pour cent. Les malades viennent ordinairement de tous les coins de Ngomedzap, de certains villages de l'arrondissement d'Akono, de la région de Biwong-Bene et de Mvengue. Trois décès ont été enregistrés contre 15 naissances. Le Dr. Essomba observe sur ce point que beaucoup de femmes accouchent à la maison et nombre de gens ne se présentent à l'hôpital qu'en cas de complications. Mais, cette embellie cache une triste réalité. Depuis sa dégringolade du statut de l'hôpital d'arrondissement à celui peu honorable de centre médical d'arrondissement, cet établissement sanitaire connaît un déficit criard dans ses structures d'accueil, ses équipements et ses personnels de santé.