L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Burkina Faso: Koffi Niamkey du PDCI à propos de Fologo

Adama Ouédraogo

27 Mars 2008


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Le travail d'identification qui doit nous amener à l'élection doit définir une logique qui tienne compte de ce que le législateur a créé, à savoir l'INS et l'ONI. Donc, pour la sortie de crise, deux binômes sont prévus à partir même des accords de Marcoussis : le premier binôme, c'est la Commission nationale de supervision de l'identification (CNSI), qui doit travailler avec l'ONI tandis que l'INS, chargé des statisques, doit travailler en intelligence avec la Commission électorale indépendante (CEI).

Ce sont ces binômes qu'il faut mettre en cohérence pour créer l'harmonie dans la conduite de l'opération au lieu de les opposer. Or aujourd'hui, on voit le camp présidentiel s'acharner à vouloir introduire l'INS au coeur du processus et lui confier la responsabilité exclusive de l'identification, qui n'est pas son domaine de compétence. Il y a des choses qui créent la présomption de partialité, ce qui fait que l'INS est souvent récusé.

Mais la question de l'INS a été résolue avec le choix de l'opérateur français SAGEM.

• Oui, SAGEM a été retenue, mais il n'en demeure pas moins que la définition de la coopération entre la SAGEM et l'INS n'est pas clairement tranchée. Là encore, il se pose la question de la prédominance de l'INS dans cette configuration de collaboration. Or, il faut que l'INS tienne sa place d'agence statistique et SAGEM, celle d'un opérateur technique jouissant d'une compétence en matière de biométrie.

Vous parlez de manque de volonté politique pour l'organisation de l'élection alors qu'il y a des problèmes d'ordre technique à résoudre au préalable.

• Nous pensons que SAGEM peut régler la question de l'identification dans les délais avec les moyens dont elle dispose. Si la volonté politique existe, le délai peut être réduit et raccourci. Mais le problème qu'il y a, c'est que SAGEM doit avoir le feu vert pour commencer à fabriquer les machines qui vont servir à faire l'enrôlement. Si ces machines ne sont pas faites, il y aura des difficultés. Nous sommes en mars, or il faut fabriquer les machines.

L'accord de Ouaga dans son aspect complémentaire a demandé et recommandé l'accélération du processus. Donc, si la volonté politique existe et permet d'accélérer le processus, il est clair que les délais vont être réduits.

Dans quel but est né le Rassemblement des houphouètistes pour la paix et la démocratie (RHPD) et quels vont être les rapports entre les différents partis qui sont candidats à la présidentielle ?

• Nous voulons, à travers le Manifeste que nous avons signé, valoriser l'houphouètisme, c'est-à-dire revisiter les valeurs cardinales qui ont constitué la politique du président Félix Houphouèt-Boigny et la cîme de notre pays et de notre parti.

La majeure partie des composantes du RHPD sont issues du PDCI. Ces partis se sont coalisés pour consolider le processus de paix. Nous faisons en sorte que le pays connaisse la décrispation, en freinant par exemple l'ardeur de nos militants pour éviter l'affrontement et l'explosion. Le RHPD travaille à créer les conditions de la paix sociale.

Cela donne l'image d'un parti d'opposition faible, mais il n'y a pas plus fort que les faiseurs de paix. Pour la présidentielle, les partis du RHPD, à travers leur plate-forme, ont décidé de se présenter tous à l'élection, parce que le principe de la candidature unique ne nous paraît pas une bonne stratégie.

Qu'est-ce qui se cache derrière le rapprochement entre Bédié et Ouattara ?

• Rien. Ce rapprochement exprime une volonté de paix, une volonté de créer une situation d'apaisement, de réconciliation. La Côte d'Ivoire a besoin du RDR et du PDCI, parce que nous deux représentons plus de 70% de l'électorat. Je suis même généreux, sinon c'est 80%, puisque le FPI ne représente que 10%.

Le président Bédié semble avoir créé l'ivoirité à dessein, chose qu'il refuse d'admettre. Alors quel contenu donnez-vous à ce concept ?

• Beaucoup de gens se sont faits l'écho du concept d'ivoirité, dévoyé à des fins d'intoxication contre le président Bédié et de diabolisation de son parti. Son silence et sa patience ont payé, parce le temps lui a donné raison. Nous savons que l'ivoirité était pour lui un concept culturel, qui définissait la personnalité conviviale que les Ivoiriens ont toujours présentée à tous leurs frères de la sous-région.

C'est le concept de l'hospitalité ivoirienne, la capacité d'accueil et d'intégration. Nous sommes le pays le plus intégré d'Afrique et même peut-être du monde, parce que nous sommes un des rares pays du monde, à pouvoir accepter 20% d'étrangers sur son sol en termes de taux de population. Au Burkina Faso, le taux d'étrangers ne dépasse pas 1%.

On ne peut donc pas nous accuser d'être un pays d'exclusion et de xénophobie. L'ivoirité est tout à fait le contraire de ce qu'on a voulu faire croire. L'ivoirité, c'est la volonté d'être ensemble avec tous les frères de la sous-région.

Laurent Dona Fologo ne cache pas son soutien à Laurent Gbagbo. Cela n'a-t-il pas de conséquences sur ses rapports avec le PDCI ?

• Laurent Dona Fologo, jusqu'à ces dernières années, s'est acquitté de ses cotisations. Nous pensons qu'il est habité par le sens de la logique politique et qu'il reste conséquent avec lui-même en s'affirmant et en posant les actes qui font de lui un militant du PDCI.

Seulement, nous nous interrogeons sur ses prises de position politiques, mais comme toujours, l'Afrique est ce qu'elle est : beaucoup de gens se laissent guider plus par leurs soucis alimentaires que par la force des idées. Peut-être que le sens de la responsabilité l'amènera à plus de cohésion et de conséquence, puisqu'il a occupé dans notre parti des postes importants, surtout celui de président par intérim et de secrétaire général du PDCI.

Donc il est toujours membre du parti ?

• Pour le moment, nous ne l'avons pas exclu. Le secrétaire général n'a pas encore saisi ou n'a pas éprouvé le besoin de saisir le conseil de discipline pour qu'on connaisse de son cas. C'est seulement cette instance qui, selon une procédure démocratique et régulière du parti, pourrait se prononcer sur le sort de ce militant.

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