Charles Bédé
28 Mars 2008
Donner aux ivoiriens et aux pouvoirs publics, les nouveaux instruments pour reconstruire et consolider la cohésion sociale non rompue mais sérieusement ébranlée ; élaborer un code de bonne conduite ; réfléchir profondément sur la solidarité inter-culturelle ; échanger sincèrement et partager honnêtement les expériences ; faire l'état des lieux en matière de solidarité ; ressouder les lieux inter Etats, sont les enjeux des états généraux de la solidarité qui se tiennent depuis le 25 mars dernier, à Yamoussoukro, et qui prennent fin aujourd'hui. Ces assises peuvent paraître une vue de l'esprit, une réunion de plus pour justifier les sorties d'argent.
Mais ces états généraux sont pris au sérieux par les responsables du ministère de la Solidarité. Après les deux premières journées nationales de la solidarité (2006 et 2007), M. Louis André Dacoury-Tabley veut accélérer les choses. Un comité scientifique pluridisciplinaire de neuf membres a été constitué. Sa mission la plus urgente, produire un texte d'orientation en matière de solidarité, établir un cadre de promotion des valeurs de solidarité, un catalogue de bonnes pratiques et la mise en place de l'observatoire de la solidarité et de la cohésion sociale. "Notre mission est d'assister les gens en détresse, y compris les victimes de guerre. A ce niveau, nous avons notre cellule qui travaille comme elle peut, avec un budget qui est une vraie portion congrue par rapport aux besoins.
Mais nous essayons de faire en sorte que ceux qui viennent aux portes de cette cellule ne repartent pas les mains vides. Nous nous donnons d'autres moyens, notamment à travers des partenariats avec des établissements scolaires sanitaires. Cette cellule nous permet de nous sentir utiles et nous évite de tomber dans la désespérance. Nous disposons fort heureusement d'un centre d'assistance et de prise en charge pyscho-sociale", affirme le ministre Dacoury, dans un bulletin de liaison de son département. Aujourd'hui, tous les regards des victimes de guerre sont tournés vers ce ministère qui, cinq ans après la guerre, ne les a toujours pas indemnisées. La grosse difficulté de ce ministère n'est pas l'identification des victimes mais la signature d'une ordonnance pour rendre effective cette indemnisation.
Le programme d'aide au retour des déplacés bat également de l'aile. Il n'est pas encore budgétisé. Ce programme d'urgence qui devrait être financé par des bailleurs de fonds à hauteur d'un milliard FCFA n'a jamais vu le jour. Un montant d'ailleurs insuffisant pour ramener chez elles des personnes qui ont tout perdu. "Il ne s'agit pas d'indemnisation mais bien d'un financement pour leur retour. Ce qui est différent. Ce qui suppose tout un programme de sensibilisation, de moyens de transport, de kits de subsistance. Et une fois sur place, qu'elles puissent exercer des activités génératrices de revenus. Le retour des déplacés suppose un minimum de structures à remettre en état, notamment les routes, les écoles, les centres de santé, un système de sécurité" précise la tutelle.
En conclusion, il reste pour le moment au ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre à célébrer la solidarité, à défaut d'argent pour financer les programmes d'indemnisation et de retour des déplacés.
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