Dan Opéli
28 Mars 2008
Méité Sindou, porte-parole du Premier ministre Guillaume Soro, a fait hier, à la presse, l'état des lieux du processus d'identification. Le moins qu'on puisse retenir, c'est que l'opération coince faute de financement.
"Si le processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire n'a pas un appui financier conséquent et dans l'urgence, cela va jouer sur le délai des élections", s'est inquiété hier le porte-parole du Premier ministre ivoirien. Au cours du point de presse hebdomadaire qu'il promet désormais régulier et sur un point précis des chantiers de sortie de crise, Méité Sindou a fondé sa préoccupation sur le fait qu'aucun bailleur de fonds ne s'est jusqu'à ce jour engagé à délier la bourse ni pour le processus du désarmement ni pour le processus d'identification.
"Les bailleurs de fonds attendent de voir que le processus de désarmement soit dans une phase iréversible irréversible, que le processus d'identification soit dans une phase irréversible avant de faire le moindre geste", a révélé M. Sindou. Pourtant, selon lui, le gouvernement espérait un appui conséquent pour rendre ces processus effectivement irréversibles. Quels sont les critères d'irréversibilité ? A quelle phase faut-il arriver ? Le porte-parole de Guillaume Soro dit l'ignorer. Alors, la communauté internationale n'est-elle pas en train de dire aux Ivoiriens : "Vous avez trouvé un accord sans nous associer, alors débrouillez-vous jusqu'au bout ?" Ou bien n'est-ce pas parce que sous les gouvernements de transition précédents des fonds été dégagés sans résultat et sans bilan aucun que les bailleurs de fonds sont cette fois réticents et veulent voir jusqu'à quel niveau le gouvernement actuel s'engagera réellement ? Méité Sindou a reconnu qu'au départ la première hypothèse était perceptible mais le Premier ministre et le chef de l'Etat ont oeuvré à la faire évacuer en disant clairement que le processus de sortie de crise, quoique finalement récupéré par les Ivoiriens dans sa conception, avait toujours besoin des appuis extérieurs dans son application.
Quant à la deuxième hypothèse, il se peut que la gestion des fonds autrement alloués n'a pu satisfaire, mais le porte-parole a précisé qu'il n'a pas d'élément pour affirmer que c'est pour cela que les bailleurs de fonds traînent les pieds. Une chose est sûre c'est que "ce sont tous les chantiers prévus par l'accord politique de Ouagadougou que boudent les bailleurs de fonds : le redéploiement de l'administration, le service civique censé accueillir certains ex-combttants, le désarmement et l'identification".
L'identification était justement le point à l'ordre du jour de l'exposé d'hier. Selon M. Méité, elle a démarré avec les audiences foraines. L'opérateur technique a été désignée. Il doit réaliser l'opération d'identification des populations et des électeurs en collaboration avec l'Institut national de la statistique (INS) sous la supervision de la Commission électorale indépendante (CEI). Le cahier de charges définissant ses tâches a été adopté et le décret devant préciser les critères de sa collaboration avec l'INS devra être bientôt signé par le chef de l'Etat. Mais c'est le financement de l'opération qui va être le tallon d'Achille. Après négociation, la Sagem et l'Etat ivoirien se sont accordés sur un cout de 66,7 milliards FCFA. Selon le porte-parole du Premier ministre l'opérateur veut un paiement sécurisé. Il voulait donc être payé au début et pendant l'exécution des tâches. L'Etat a pu le convaincre pour un paiement par tranche. Méité Sindou a avoué que la part que l'Etat a promis de débourser, est de 20 milliards FCFA. Au cas où aucun bailleur de fonds ne se prononce, la Côte d'Ivoire sera face à ses responsabilités. Un challenge.
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