Ghada Hamrouche
29 Mars 2008
Alger — Alors que Rabat veut responsabiliser l'Algérie de l'échec des pourparlers
Trois semaines après l'échec du 4e round des négociations entre le Front Polisario et le royaume du Maroc, Rabat veut responsabiliser l'Algérie de l'impasse dans laquelle se trouvent les négociations aujourd'hui. Des négociations, faut-il le relever, qui n'ont pas avancé d'un iota. Et pour cause ! Les Marocains s'obstinent à rejeter toute autre proposition qui ne cadre pas avec leur projet d'autonomie proposé il y a un an par le roi Mohamed VI. Une proposition à laquelle n'adhèrent pas les Sahraouis. Lesquels persistent à réclamer le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Une option qui s'inscrit dans le cadre des résolutions onusiennes sur le Sahara occidental. Le royaume chérifien, qui dénie ce droit, vient de dénicher un nouveau subterfuge. Pour M. Chakib Benmoussa, ministre marocain de l'Intérieur, la solution du conflit sahraoui passe impérativement par Alger. Le règlement du conflit du Sahara occidental passe par un «dialogue direct» entre le Maroc et l'Algérie, a-t-il déclaré jeudi dernier à Rabat. «Il est impossible de parvenir à un règlement sans une implication totale de ce pays dans le processus de paix», a-t-il encore souligné lors d'une réunion du gouvernement. La teneur de cette réunion a été rapportée par le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Khalid Naciri.
Le ministre de l'Intérieur a, dans ce sillage, évoqué la nouvelle impasse lors du 4e round de négociations de Manhasset dans la banlieue de New York aux Etats-Unis qui a réuni du 16 au 18 mars, sous l'égide de l'ONU, le Maroc et le Polisario. Cette réunion, explique-t-il, n'a pas permis d'entamer de «véritables négociations» sur le projet d'autonomie du Maroc «parce que les autres parties ont procédé à une lecture sélective des résolutions et textes onusiens et leur ont donné des interprétations étriquées qui servent leurs intérêts», a conclu le ministre, occultant sciemment toutes les résolutions relatives au droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même et donc au référendum d'autodétermination.
Un référendum qui exprimera incontestablement la volonté du peuple sahraoui. Le Maroc, qui s'obstine à croire que cette consultation est obsolète, campe sur ses positions en ne proposant rien d'autre qu'«une large autonomie» sous sa souveraineté comme unique solution à un conflit vieux de 33 ans, faisant fi de l'opinion de l'autre partie du conflit.
Cette énième tentative d'entraîner l'Algérie dans un conflit sur lequel les responsables algériens ont toujours été on ne peut plus clairs semble être la nouvelle échappatoire des Marocains. Ces derniers savent plus que n'importe qui que l'Algérie, qui n'a jamais été partie de ce conflit, a toujours soutenu une solution dans le cadre de la légalité internationale. Perdant du terrain sur le plan diplomatique, notamment après les nouveaux appels de la Russie et de la Grande-Bretagne pour le respect de la légalité dans le règlement de la question sahraouie, les Marocains persistent à poursuivre leur fuite en avant.
Une fuite qu'ils ne veulent absolument pas assumer seuls. Comme toujours, ils font endosser leurs échecs à leur voisin, l'Algérie. Une aubaine pour les responsables marocains qui trouvent en ce voisin la cause de tous leurs maux.
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