La Prospérité (Kinshasa)
29 Mars 2008
Kinshasa — Plusieurs fois Premier ministre de Mobutu, le seul pendant toute la deuxième République capable d'imposer au maréchal ses hommes et son programme en dehors, bien entendu de Tshisekedi, Léon Kengo wa Dondo vient d'effectuer une sortie médiatique qui fait déjà long feu.
Sur RFI, le président du Sénat a peint le tableau de la situation générale du pays. Tous les grands sujets au devant de l'actualité ont été passés en revue. Le retour de Jean-Pierre Bemba au Congo. Là-dessus, la position de Kengo est claire. La place de Bemba n'est pas à Faro au Portugal. L'opposant qui recueilli 42% de suffrages exprimés à l'élection présidentielle devrait être à Kinshasa pour jouer le rôle qui est le sien. Qui bloque toute avancée dans le dossier Bemba ?
Pour le président du Sénat, les questions sécuritaires posées par le leader du MLC relèvent de la compétence du Gouvernement. Il affirme et réaffirme avoir par deux fois écrit au Premier ministre à ce sujet, la réponse se fait encore attendre. Si on essaie d'aller au-delà des apparences, la position de Kengo tend à confirmer les propos du Chef spirituel de BDK et leader du Bas-Congo, Ne Mwanda Nsemi, du haut de la tribune de l'Assemblée nationale le mercredi 26 mars finissant. Ne Mwanda Nsemi disait, je cite, " le Gouvernement veut voir tout opposant sérieux soit en exil, en prison ou au cimetière".
Kengo s'est aussi exprimé sur l'affaire BDK qui déferle la chronique. Fidèle à sa tradition d'un franc parleur, il a critiqué l'action du Gouvernement qui, dit-il, est allé vite, très vite en besogne. Le président du Sénat réprouve la répression orchestrée contre les adeptes de BDK. La raison évoquée est la suivante : la répression n'a de sens que si elle permet de rétablir la paix sociale. Kengo se demande si en interdisant le BDK ou privilégiant l'usage disproportionné de la force contre des civils, on peut déboucher sur la paix sociale. La réponse, à son avis, est non. C'est plutôt le dialogue qui est à encourager. Le dialogue présente plusieurs avantages. Discuter avec le BDK permettra au Gouvernement d'avoir une main mise sur ce mouvement politico-religieux. Ce qui ne serait pas le cas si les Makesa devaient passer à la clandestinité.
Personne ne pourra plus contrôler leurs agissements. C'est le deuxième point de désaccord entre le président du Sénat et le Gouvernement. Le troisième point concerne le bilan de l'institution exécutive nationale. Au Premier ministre Gizenga, Léon Kengo reproche son invisibilité et son inaudibilité. Le président du Sénat est convaincu que le Gouvernement n'agit pas assez. Il en veut pour preuve le retour en force des maladies hydriques autrefois maîtrisées. Le choléra, les diarrhées, etc. Le délestage ne cesse de prendre de l'ampleur à Kinshasa et dans les autres grandes villes du pays. Pourtant, il n'y a pas de développement possible sans énergie.
Kengo prend de la hauteur et exerce son indépendance d'esprit. Entre l'Assemblée nationale et le Sénat, on le voit, il n'y a pas de commune mesure. Ce que dit Kengo, on ne l'entendra jamais de la bouche du président de Vital Kamerhe.
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