Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Harmonie

29 Mars 2008


éditorial

Kinshasa — Une Assemblée nationale ravalée au rang de simple chambre de résonance du gouvernement. Le président de l'Assemblée nationale, avec à sa suite tous les députés, n'en veut pas. Pour rien au monde, il n'en voudra non plus. En tous les cas, il l'a dit et réaffirmé, sur un ton péremptoire, pour que nul n'en ignore.

Sur un ton ferme, le président de la Chambre basse a dénoncé le manque d'harmonie entre les institutions de la République. Qu'il soit revenu, une fois de plus, sur le sujet, cela montre à quel point la machine est loin d'être huilée.

Qu'on vienne dire à l'opinion qu'il se pose un problème de ce genre entre les institutions de la République, plus particulièrement entre le gouvernement et l'Assemblée nationale, sincèrement l'on ne peut que s'en inquiéter. Il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser. Loin de là. Surtout que la règle devrait être rien d'autre qu'une parfaite entre l'Exécutif et le Législatif notamment.

Vital Kamerhe a bien pesé et soupesé ses mots lorsque, prenant la parole entre deux intervenants du haut de la tribune de la Chambre basse - dans le cadre du débat sur l'affaire Bundu dia Kongo -, il a dit toute son indignation de constater qu'il n'existait pas d'harmonie entre le gouvernement central et l'Assemblée nationale.

Tout bien considéré, c'est tout un drame que les institutions de la République se mettent, comme elles en ont donné la preuve dans un passé récent, à tordre le cou à la collaboration et à l'harmonie. Les preuves ne manquent pas quant à ce. Le président de l'Assemblée nationale en a donné quelques-uns. Imparables aussi bien les uns que les autres. En premier, le dossier Kahemba où le gouvernement s'est tout simplement moqué de l'Assemblée nationale. Le crash aérien de Kingasani où une fois de plus l'Assemblée nationale a été tournée en bourrique par le gouvernement. Ainsi que dans le dossier relatif aux événements sanglants du Bas-Congo de fin janvier et début février 2007 où le gouvernement a pratiquement fait fi de recommandations de l'Assemblée nationale, qui suggérait, entre autres, la tenue d'une table ronde sur la question.

Là où il faut que la collaboration et l'harmonie soient de mise, le gouvernement préfère plutôt mettre l'Assemblée nationale devant un fait accompli, lui faisant ainsi jouer le rôle d' «une chambre d'enregistrement ». « Ce n'est pas pour arranger les choses ou faire progresser la démocratie dans un pays qui en a tellement besoin », fait-on remarquer à l'hémicycle où l'on pense que le gouvernement a tout intérêt à changer son fusil d'épaule.

La leçon donnée par le président de l'Assemblée nationale a-t-elle été comprise ? On ne le sait. Mais toujours est-il qu'on l'espère bien dans la mesure où plus d'harmonie entre les institutions ferait incontestablement un peu plus de bien à la RDC et au processus de démocratisation qui est en train de se donner des ailes.

Be the first to Write a Comment!

Copyright © 2008 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.


SELECT
SELECT

Le top des actualités: Congo-Kinshasa

Ask Obama a Question