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Djibouti: Affaire Borrel - le mystère s'éclaircit


Le Pays (Ouagadougou)
 

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Le Pays (Ouagadougou)

31 Mars 2008
Publié sur le web le 31 Mars 2008

Mahorou Kanazoe

La justice française a posé un acte révolutionnaire dans les annales des relations entre la France et Djibouti.

En condamnant deux dignitaires du régime djiboutien pour "subornation de témoins" dans l'affaire Borrel, elle met fin à une longue période d'incertitudes sur sa capacité à s'émanciper des enjeux politiques. Depuis 1995 que le juge Bernard Borrel a été retrouvé mort à Djibouti, la procédure judiciaire piétinait, à cause des interférences politiques.

Le président Jacques Chirac semblait avoir opté pour la préservation des intérêts géostratégiques de Paris, au détriment de la vérité sur la mort de son compatriote. Car la France dispose à Djibouti de sa plus grande base militaire à l'étranger. Et comme le président de ce pays, Ismael Omar Guelleh, est suspecté d'être le commanditaire de l'assassinat du "juge fouineur", on comprend que Chirac, au nom des intérêts mutuels entre les deux pays, n'ait rien fait pour permettre à la justice d'avancer.

Moins d'un an après l'arrivée au pouvoir de Nicolas sarkozy, l'affaire est presque pliée, avec la condamnation par contumace de deux proches de Guellley, assortie de mandats internationaux d'arrêts. Au moins dans ce dossier, la rupture sarkozienne apparaît de façon nette et fait espérer également une accélaration de la procédure conernant l'autre affaire embarrassante pour la France, la disparition de Guy-André Kieffer, le journaliste franco-canadien, en Côte d'Ivoire.

Là aussi, le mode opératoire pour éliminer un témoin gênant est le même qu'à Djibouti et met en cause les plus hautes autorités de l'Etat. Dans ces deux dossiers devenus affaires d'Etat, l'indépendance de la justice a souvent été mise à mal. Pour une démocratie comme la France, le choix doit cependant être clair entre protéger des dirigeants assassins au nom d'intérêts bilatéraux, et veiller à l'application stricte du droit.

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Pour le cas du juge Borrel, Sarkozy semble avoir opté de sécher les larmes de la veuve pour qui seule la lumière sur la mort de son mari compte, au-delà de tous les calculs politiques.



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