Port Louis — Trois habitants de la capitale ont été condamnés à 18 mois de prison mercredi pour usurpation d'identité. Afzal Abdooraman, 22 ans, Mohamad Salahuddeen Emrith, 26 ans, et Mahmad Feizal Abdooraman, 50 ans, avaient séquestré et agressé quatre musiciens qui prenaient l'air sur la plage de Bain-des-Dames le 20 février 2005. Les accusés, qui s'étaient fait passer pour des membres de la Criminal Investigation Division (CID), avaient plaidé coupables. Ils étaient défendus par Me Raouf Gulbul.
Vols, agressions, vente de drogue La liste de délits perpétrés par ces trois récidivistes est longue. Le plus âgé de la bande, Feizal Abdooraman, est fiché depuis 1982 alors que les deux autres sont connus des services de police depuis leur adolescence. Las de ces «petits» délits, les trois complices ont décidé de frapper un grand coup. Ils décident de se faire passer pour des officiers de la Criminal Investigation Division (CID) pour dépouiller leurs victimes.
Voyageant à bord d'un 4x4, les trois complices ont repéré un groupe de musiciens sur la plage de Bain-des-Dames. «Ki zot pe fer la ?» devaient-ils leur lancer, les traitant comme des trafiquants de drogue. Ils dépouillent ainsi leurs victimes de leur argent et de leur téléphone cellulaire lors d'une fouille corporelle. «Portab la pou telefonn klian. Kot tonn gagn kas ? Tonn fini koumans vann ladrog tout.»
Les quatre musiciens sont abasourdis. Eux qui rentraient d'une soirée «gamat» à Cluny, ignorent le motif de cette interpellation. Le plan des trois usurpateurs fonctionne à merveille jusqu'au moment où l'un eux s'empare de la carte bancaire des musiciens avant de réclamer leur PIN code. Cette exigence peu ordinaire éveille en eux des doutes sur l'authenticité du trio. «Sa pou servi kouma pies a konviksion sa», leur lance-t-on.
Leurs soupçons se confirment quand Mohamad Salahuddeen Emrith leur demande de l'accompagner à un guichet automatique. Ils sont conduits à la succursale de la Mauritius Commercial Bank de la rue Desforges. En utilisant la carte bancaire de Krishnaduth Lutchoomun, Mohamed Salahuddin Emrith effectue un retrait de Rs 2 500. Grave erreur. Car c'est la caméra de surveillance de la banque qui a permis à la police de remonter jusqu'à eux.

Comments Post a comment