Le Nouveau Réveil (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Manifestation populaire contre la cherté de la vie

Dje Km

1 Avril 2008


Cocody paralysée par les consommateurs, hier - La police gaze et tire à balles réelles sur les manifestants

Gbagbo, on a faim. Gbagbo, on a faim. Gbagbo, on a faim". C'est le cri du Coeur des consommateurs de Cocody. En majorité des femmes, elles ont occupé, hier, toute la rue principale de Cocody (côté Saint Jean), pour manifester contre la cherté de la vie. Tout a commencé aux environs de 9 heures. Les femmes, en petit nombre dès le départ, ont érigé des barricades à deux coins stratégiques. L'un était au rond point de l'Eglise Saint Jean et l'autre au carrefour du 4ème arrondissement. Elles avaient sur elles des assiettes, des paniers et des sachets.

Mais aussi des messages écrits sur des bouts de cartons qui exprimaient leur désarroi. " Nous sommes sorties ce matin parce que trop c'est trop. On en a marre. C'est une autre forme de guerre qu'on déclare à la Côte d'Ivoire. On est fatigué". Une dame beaucoup plus en colère met le pied dans le plat " On ne peut rien payer, le riz denikacha qui était à 200 francs est passé à 400 francs. On ne peut plus manger, on a faim. On est venu nous plaindre aux autorités, à Soro à Gbagbo ". Mais une autre, encore plus déterminée, a prévenu " S'ils ne font rien, on va continuer de manifester jusqu'à ce qu'ils trouvent une solution. On n'a pas de président pour s'occuper de nos problèmes, nous allons prendre nos responsabilités, on est fatigué". Entre-temps, du côté du rond point du 4ème arrondissement, la tension est plus électrique. Les manifestantes qui ont eu le soutien des jeunes de Cocody étaient très amères contre Gbagbo. Ils l'ont même interpellé en ces termes " On a faim et tu danses à la rue princesse à Yopougon avec un blanc pour lui montrer que tout va bien ici. Gbagbo, on t'attend on a faim. On ne mange pas".

Toutes ces femmes et ces jeunes vont être, vers 10 heures, envahis par les policiers du 4ème, la CRS1 et le maire de Cocody, Gomont Jean Baptiste. Tous ont négocié pour obtenir la levée des barrages. Mais en vain. Les manifestants ont exigé bien au contraire qu'une solution soit trouvée à cette augmentation des prix qu'ils jugent inacceptable. C'est donc face à leur témérité que l'ordre a été donné à la police et à la gendarmerie de les disperser. Mais les manifestants devant les gaz lacrymogènes n'ont pas capitulé aussi facilement. Ils ont résisté avant de promettre protester à nouveau aujourd'hui si Gbagbo ne réagit pas devant ces augmentations de prix des denrées de première consommation. Affaire à suivre.

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