Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Plaidoyer pour une relance des bourses francophones

2 Avril 2008


La nature de l'actionnariat des entreprises et les différences de logiques d'investissement expliquent "le peu d'engouement" des pays africains francophones pour la Bourse, a soutenu Gabriel Fall, PDG de CGF Bourse, assurant qu'ils auraient pourtant "tout intérêt à réfléchir à la relance de leurs marchés financiers".

Parlant des traditions francophone et anglophone, en la matière, comme de "deux approches opposées", il a indiqué que "les investisseurs francophones se fient à une logique industrielle, de rendement et de conservation illimitée du patrimoine" alors que les anglophones "misent sur une valorisation dans un délai limité et sont dans une culture de plus-value qui les rend plus entreprenants".

Une trentaine de sociétés est inscrite à la défunte Bourse des valeurs d'Abidjan, contre 38 pour la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRRVM) qui lui a succédé. Ce qui fait qu'elle fait "pâle figure au regard de ses consÅ"urs d'Afrique anglophone", relève M. Fall dans le dernier numéro de Jeune Afrique.

"Sur les neuf Bourses des valeurs mobilières que comptait l'Afrique à la fin 2007, la capitalisation des places de Lagos, de Naïrobi, de Port-Louis et de Johannesburg pesait 28,6 pour cent, 53,7 pour cent, 55, 8 pour cent et 280,4 pour cent du PIB de leurs pays respectifs", écrit-il.

"Par comparaison, poursuit Gabriel Fall, la BRVM ne représente que 11,5 pour cent du PIB des pays de l'EMOA et la capitalisation de la BVMAC (zone CEMAC) est insignifiante.

Selon lui, "la vitalité des marchés financiers, mesurée à travers la rotation du capital (valeur des titres échangés rapportée à la capitalisation boursière), traduit également le handicap des places francophones : 3,7 pour cent pour la BRVM contre 8,6 pour cent à Maurice, 13,8 à Lagos, 15,8 pour cent à Naïrobi et 49,5 pour cent à Johannesburg".

Pour Gabiel Fall donc, les pays francophones auraient tout intérêt à réfléchir à la relance de leurs marchés financiers, quitte à faire quelques sacrifices, qui, au bout du compte, ne peuvent que se révéler gagnants.

Pour cela, les pays concernés disposent, à travers la fiscalité et les privatisations, "deux formidables leviers". "Le premier vise l'objectif de rendre les investissements boursiers plus attractifs pour les entreprises et les actionnaires", alors que les privatisations "visent à rendre une place boursière plus dynamique".

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