Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
2 Avril 2008
Le marché potentiel de la finance islamique, qui explore de nouveaux créneaux en Afrique, pourrait s'élever à près de 235 milliards de dollars US, estime un récent rapport de l'agence de notation de crédit Moody's Investors Services (MIS).
"Si l'on estime que les activités bancaires dans la région représentent au bas mot 50% du PIB total produit en moyenne par les musulmans africains, le marché potentiel de la finance islamique pourrait s'élever à près de 235 milliards de dollars US", note le rapport publié le 26 mars et cité par le quotidien en ligne français saphirnews visité à l'APS.
Le rapport intitulé "La finance islamique explore de nouveaux horizons en Afrique", relève aussi que "les services bancaires en accord avec les principes de l'Islam constituent un phénomène récent en Afrique". La finance islamique ou finance halal repose essentiellement sur des prêts sans intérêts, conformément à la Charia islamique.
Le document rédigé par Anouar Hassoune, analyste au sein du cabinet américain, estime que "si la croissance de l'Afrique se poursuit à son rythme actuel, le plus soutenu depuis des décennies, la création supplémentaire de richesse devrait faciliter le développement des services financiers islamiques". Cela, "non seulement dans le domaine de la banque d'affaires, mais également dans les secteurs de l'assurance, de l'investissement et de la micro-finance".
Pourtant, souligne la même source, "les services bancaires respectant les principes islamiques n'ont fait leur apparition que tardivement en Afrique, dans la dernière décennie, et principalement en Afrique du Nord, Afrique sub-saharienne et Afrique australe".
Selon Moody's, l'Afrique compte 37 institutions financières islamiques pour une population musulmane s'élevant à 412 millions d'habitants.
Le PIB moyen par habitant de l'Afrique s'élève "seulement à 1 137 dollars US en 2007", note l'auteur du rapport sur la finance islamique en Afrique, avant de relever : "toutefois, compte tenu du fait que l'Afrique abrite la deuxième population musulmane la plus importante au monde, la taille absolue de sa production économique a atteint 469 milliards dollars US l'an dernier (2007)".
"Ce montant n'est pas négligeable puisqu'il égale le PIB cumulé de l'Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis, deux des principales économies du monde musulman", précise M. Hassoune.
Les services bancaires islamiques se sont développés dès les années 70, sur les marché du Moyen-Orient et d'Asie du Sud-est, la Malaisie constituant sur ce plan un précurseur dans la région, poursuit le texte qui ajoute que ces dernières années, la finance islamique "ne se bornant plus aux seules activités de crédit, (...), étend également sa sphère d'activité en dépassant largement les frontières des Etats musulmans".
Ainsi, le rapport de Moody's Investors Services constate que "des pays aussi importants sur le plan économique que le Japon, le Royaume-Uni et la Chine pensent sérieusement à renforcer la place de la finance islamique sur leur marché domestique, renforçant d'autant la crédibilité de ce phénomène".
"La finance islamique représente aujourd'hui entre 500 et 800 milliards de dollars d'actifs gérés selon les principes de la Charia et enregistre une croissance de plus de 20 % sur les dix dernières années", selon l'Observatoire de la finance halal.
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