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Côte d'Ivoire: Abidjan by night, c'est vraiment graaave !
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L'Observateur Paalga (Ouagadougou)
BILLET
3 Avril 2008
Publié sur le web le 4 Avril 2008
Adama Ouédraogo Damiss
"Abidjan est grave", tel était le titre d'une variété musicale sur CD vidéo qui s'achetait comme de petits pains au Burkina du fait des danses "Mapouka" qui confinaient à de la pornographie que des filles au postérieur généreux exécutaient. Ça, c'était en quelque sorte du cinéma. Mon séjour dans la capitale économique de la Côte d'Ivoire m'aura permis de vivre en live des scènes similaires dans des boîtes de nuit.
A travers les colonnes des magazines culturels ivoiriens qui inondent le marché burkinabè, je m'étais déjà fait une idée de l'ambiance nocturne dans les discothèques d'Abidjan. A la faveur du voyage d'études du Réseau informel des journalistes (RIJ), une opportunité s'offrait à moi pour découvrir les nuits torrides au bord de la lagune Ebrié.
Un soir, nous décidons, Koffi Amettepé de J.J., Modeste Nébié de Radio Pulsar et moi-même votre serviteur de "prendre" comme on dit la ville en main sans le reste du groupe. Ramata Soré de l'Evénement, Suzanne Fuchs du DED, Firmin Ouattara de l'Express du Faso, Rabo Soumaïla de Savane FM et Ismaèl Bicaba de Sidwaya, épuisés par les activités d'une journée marathon, ont préféré, eux, s'enfermer dans leur chambre pour un repos bien mérité.
Etant donné que nous sommes en terre étrangère dans une ville réputée pour ses nombreux barrages, son banditisme et ses tracasseries policières, de jour comme de nuit, nous prenons le soin de nous attacher les services d'une connaissance, un "teng-biiga", qui connaît les "glo-glo" d'Abidjan et les pratiques des agents des forces de l'ordre, pour servir de guide.
Il propose de nous promener à Marcory, commune essentiellement résidentielle puis à la Zone 4, un quartier de luxe où résident beaucoup de Français. A bord de son véhicule climatisé, notre ami roule à tombeau ouvert sur les échangeurs, et amorcent des virages qui donnent souvent le tournis. Partis de Cocody, nous traversons en un laps de temps le Plateau pour emprunter le pont Houphouèt-Boigny et descendre à Treichville.
Rencontre avec "la première dame"
Là, notre guide, Marcel qu'il s'appelle, commence à ralentir pour nous indiquer le port autonome d'Abidjan, des usines, des clubs de jazz, et certaines artères où la prostitution règne en maîtresse absolue, le banditisme aussi ; ce qui profite aux hommes en treillis qui font des contrôles intempestifs de police pour racketter souvent d'honnêtes citoyens. Premier point de chute : "Equinoxe", une boîte de nuit qui n'en a pas l'air.
Un calme plat y règne. A l'entrée principale veillent deux vigiles qui réservent au client un accueil chaleureux avant de lui ouvrir grandement les portes. A l'intérieur, on traverse d'abord un restaurant pour emprunter ensuite un couloir qui débouche sur une petite salle remplie de jeunes filles dont l'âge moyenne, à vue d'Å"il, tourne autour de vingt ans.
Habillées en tenue forcément provoquante, elles jouent le rôle de serveuses du bar. Entre deux services, ces nymphettes montent sur la piste de danse pour esquisser quelques pas au son des rythmes ivoiriens en vogue en ce moment, le "fatigué fatigué" ou "le bobaraba", sous le regard concupiscent de mâles en chaleur constitués à plus de la majorité d'expatriés. A côté de notre table, certains d'entre eux sont assis entre deux et parfois trois gonzesses qui les tripotent pendant qu'ils sirotent la bière ou grillent une clope.
Marcel, familier de cet endroit, fait appel à la doyenne de ces fées de la nuit surnommée la "Première dame". Nous profitons pour nous informer sur ces Occidentaux qui ont monopolisé toutes les "Nana" de la boîte pour se faire plaisir.
Il s'agissait, apprend-on, des soldats du 43e Bataillon d'infanterie de marine (BIMA) de l'armée française, une des cinq bases militaires de l'Hexagone existant en Afrique (avec celles de Dakar, de Libreville, de Bouar en Centrafrique et de Djibouti), qui a son quartier général à Port-Bouèt.
"La Première dame" nous indique que le week-end, ils débarquent sur les lieux comme si leur QG y avait déménagé. Et les vendeuses de charme affluent pour se faire du pognon.
Sodome et Gomorrhe des temps modernes
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Après "Equinoxe", nous faisons escale, à un jet de pierre de là, à "Ti-Folie", un autre maquis chaud comme on en rencontre partout à Abidjan. Dehors, de jeunes gens taillés comme des meubles devisent à la porte et vous accueillent, contrairement au bar précédent, avec un air grave.
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