Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: L'UDF/Mbooloo mi condamne la "répression brutale et aveugle" de la marche des organisations consuméristes

5 Avril 2008


L'Union pour la démocratie et le fédéralisme/Mbooloo mi (UDF/Mbooloo mi, opposition) a condamné "fermement" la "répression brutale et aveugle" de la manifestation organisée le 30 mars dernier par deux organisations consuméristes ainsi que l'arrestation et l'inculpation de leurs dirigeants.

Dans une déclaration reçue samedi à l'APS, la parti réclame "la libération totale de ces dirigeants", Momar Ndao et Jean-Pierre Dieng, respectivement président de l'Association des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN) et de l'Union nationale des consommateurs du Sénégal (UNCS).

Arrêtés après un sit-in tenu devant les locaux de la station de télévision privée Walf TV, les deux hommes ont été interrogés pendant deux jours par les éléments de la Division des investigations criminelles DIC). Leur procès a été renvoyé au 9 avril prochain.

L'UDF/Mbooloo mi "dénonce et condamne également la violation répétée et systématique du droit constitutionnel de manifestation et les entraves à la liberté de la presse avec la confiscation de cassettes et les tentatives de pression notamment sur le groupe Walfadjri dont les journalistes n'ont fait que leur travail d'information".

Le texte transmis à l'APS est publié en réaction au discours à la Nation prononcé par le chef de l'Etat le 3 avril, veille de la célébration de la fête de l'Indépendance. "(...) Le discours à la nation du Président est loin de nous satisfaire, de nous rassurer et de nous redonner espoir", commente l'Union pour la démocratie et le fédéralisme qui expose une appréciation de la situation politique, économique et sociale du pays.

"A l'heure actuelle, analyse le parti, le Sénégal s'interroge sur son devenir, les Sénégalais ont des inquiétudes légitimes sur leur avenir. Le pays vit une crise dont on ne saurait nier ni l'existence ni la gravité. Les Sénégalais et notamment ceux du monde rural vivent une misère très concrète et des conditions de vie dégradantes sur lesquelles il n'est plus possible de fermer les yeux."

Plus précisément, l'UDF/Mbooloo mi juge que la somme de 10 milliards de francs CFA allouée par le gouvernement au monde rural au titre de l'aide d'urgence, "constitue certes une réponse du reste tardive, (mais) est loin de couvrir les besoins".

"D'autres mesures d'urgence sont nécessaires. Au-delà, c'est l'absence de politique agricole visible et lisible qui caractérise l'action du pouvoir", souligne la déclaration.

Le 27 mars dernier en Conseil des ministres, le président de la République Abdoulaye Wade avait annoncé avoir décidé d'injecter 10 milliards de francs CFA dans le monde rural, pour "alléger les souffrances" de populations qui font face aux conséquences d'une saison des pluies qui n'a pas eu les rendements escomptés.

L'Union pour la démocratie et le fédéralisme déplore "la dégradation de plus en plus intolérable du pouvoir d'achat des populations du fait d'une augmentation effrénée des prix des denrées de première nécessité et la hantise de pénurie ainsi que la timidité de la réaction du gouvernement et du Président de la République lors de son discours du 3 avril".

Selon le parti, cette situation donne l'impression "qu'ils (le gouvernement et le président de la République) sont incapables de répondre aux préoccupations des Sénégalais" et explique "la colère des populations qui ont atteint le seuil du tolérable et qui sont en droit de manifester leur mécontentement".

La déclaration rapporte aussi "l'inquiétude" des Sénégalais devant la situation scolaire et universitaire. "Les grèves répétées des enseignants qui revendiquent leurs droits peuvent avoir des conséquences regrettables sur l'avenir des enfants", prévient l'UDF/Mbooloo mi qui demande que les fils du dialogue soient renoués entre les enseignants et les autorités "en vue de trouver des solutions acceptables pour tous".

"Les invectives et les accusations de politisations ne peuvent que conduire à crisper davantage la situation alors que le pays a besoin de solutions urgentes. En cas d'invalidation de l'année, le pouvoir en portera la responsabilité principale".

Selon le parti, "les Sénégalais sont également inquiets de l'état de la santé publique : difficultés énormes des hôpitaux publics dont certains sont au bord de l'asphyxie financière, coût exorbitant des soins, déficit de prise en charge des plus démunies en cas de certaines maladies graves comme le cancer, le diabète, les maladies rénales et urinaires, limites du plan sésame (gratuité des soins mais non des médicaments) etc."

"Il est difficile de comprendre devant ces urgences que le président (de la République) offre plus d'un millier de billets pour le petit pèlerinage", conclut le texte.

ADC

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