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Rwanda: Une réalité tragique de l'idéologie fasciste dans un monde unipolaire
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Le Potentiel (Kinshasa)
ANALYSE
8 Avril 2008
Publié sur le web le 8 Avril 2008
Jeanne-Marie SINDANI
Kinshasa
La République Démocratique du Congo est sous occupation et déplore au moins 5.4 millions des morts depuis la deuxième guerre d'invasion de la coalition tutsie rwando-ougando-burundaise déclenchée en début août 1998.
Cette deuxième invasion meurtrière faisait suite à la première qui fut malicieusement organisée sous le manteau de l'AFDL, composée très largement des militaires et généraux des forces armées de trois pays voisins du Congo précités. Jadis, quelques Congolais, tels que le feu président Laurent Désiré Kabila, le général Ngandu Kisasse furent séduits par Kagame et Museveni d'une manière stratégique et bien calculée pour masquer cette première triple invasion étrangère qui éclata officiellement en septembre 1996.
Dans ce contexte d'une guerre d'invasion dite de « Libération », il a donc fallu élaborer une stratégie plus efficace, marquée par la désinformation totale et animée par une campagne mensongère inégalée au monde. Il a donc fallu réquisitionner cette guerre en provenance de l'Ouganda, planifiée minutieusement et déclenchée par l'élite militaire Tutsi rwandaise en exil, après avoir ravagé le Rwanda et le Burundi et propulsé les fugitifs, entre autres, au Congo-Zaire, après le double assassinat des présidents Rwandais J. HabyarImana et de son homologue Burundais le président Cyprien Ntaryamira le 6 avril 1994. Ce double assassinat qui marque l'histoire tragique du Rwanda-Urundi et de toute l'Afrique centrale est le résultat d'une longue guerre d'invasion déclenchée par les exilés Tutsi rwandais qui avaient quitté leur pays en 1959 et ont formé le Front Patriotique Rwandais (FPR) vers la fin des années 80 pour envahir le Rwanda depuis l'Ouganda en début du mois d'octobre 1990. Cette guerre a déstabilisé une très grande partie de l'Afrique sub-saharienne avec des conséquences incommensurables sur tous les plans ! Les horreurs commises au Congo par les armées régulières de ces trois pays voisin du Congo et leurs milices respectives sont encouragées par une impunité hors du commun et un silence ensorceleur qui ne dit pas son nom.
Or, depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours, les peuples du Congo, en particulier, et ceux de l'Afrique centrale en général, ne sont imputables d'aucun reproche dans les conflits qui ravagent le Rwanda-Urundi pour le partage du pouvoir et l'égalité entre les groupes ethniques : Hutu majoritaires (84%), Tutsi (14%) et Twa (1%) minoritaires.
Plusieurs historiens et missionnaires témoins incontestables et, dans certains cas, co-acteurs de l'histoire du Rwanda, appuyés par de nombreux récits et témoignages des Rwandais eux-mêmes, tel que Antoine Nyetera dans son rapport présenté au Tribunal Pénal International pour le Rwanda á Arusha (2001-2002) intitulé : «La vérité sur le conflit Hutu-Tutsi », certifient clairement que les causes de la tragédie rwandaise sont à chercher chez les Rwandais eux-mêmes, notamment chez les dirigeants traditionnels Tutsi (les Bamis ou Mwami) bien avant l'indépendance du Rwanda.
Dans son rapport, Nyetera explique longuement comment la dynastie tutsie s'est infiltrée au sein du pouvoir aristocratique des Hutu, puis s'est installée et s'est maintenue jusqu'à la fin des années 50, après avoir renversé et massacré les principautés Hutu préexistantes. En effet, concernant l'origine de l'aristocratie tutsie au Rwanda et au Burundi, Mgr Julien Gorju (1938) affirme, après avoir mené des enquêtes minutieuses auprès des princes de la dynastie Chamite, donc tutsie, que : « Il est des princes dont le faciès est du Bantou pur. Nous nous fatiguerions à citer des noms parmi les anciens et les nouveaux. Bref, pris dans l'ensemble, nos princes sont moins Chamites (Tutsi) que les simples pasteurs et, quand ils le paraissent, cela doit vraisemblablement être attribué à des unions incessamment répétées dans le stock Chamite.» À ce sujet, Antoine Nyetera déclare que la monarchie tutsie a eu «recours à toutes sortes de subterfuges, d'alliances et de stratagèmes pour asseoir son autorité et subjuguer le reste des composantes sociales considérées, dès lors, comme des sujets corvéables à merci. Un système d'éducation et de socialisation fut alors instauré : le mythe de l'intelligence supérieure de la composante tutsie et de sa prédestination de régner sur les autres est inculquée à la population. C'est le système que trouvent les Allemands qui sont les premiers á coloniser l'ensemble qui constitue aujourd'hui le Rwanda et le Burundi.»
Les administrateurs et les missionnaires Allemands ont donc renforcé ce système de domination et d'asservissement des Hutu par les Tutsi, un système de ségrégation raciale et d'exploitation basée sur la hiérarchie des castes et un pouvoir mono - ethnique radical dirigé exclusivement par les Tutsi.
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Au sujet de l'infiltration des Tutsi dans le pouvoir aristocratique des Hutu, Mgr Gorju (1938) constate après avoir observé la nouvelle dynastie tutsie implantée au rwanda, il déclare au sujet des princes Chamites que: « Leurs coutumes viennent à l'appui de leurs dires. Leurs hommes de confiance sont toujours parmi les manants. Un prince, lorsqu'il épouse une fille Mututsi (donc Tutsi), accomplit des cérémonies dans une hutte d'un Muhutu (donc Hutu), constituée expressément pour cela par des Bahutu, dans un kraal de Bahutu. Lorsqu'un prince sent la mort venir, il se fait porter dans la hutte d'un de ses Bahutu pour y mourir.» Ainsi, pour dévoiler les mensonges véhiculés par la nouvelle oligarchie tutsi, Mgr Gorju citait le grand chef Nduwumwe qui avait affirmé clairement haut et fort : «Ne te méprends pas sur notre origine ; nous autres princes, notre premier aïeul était Muhutu, nous ne sommes que des Bahutu.» Une telle affirmation dans un pays où l'on rend un culte au mensonge et à une époque où n'était « noble » que ce qui était tutsi a requis du chef Nduwumwe un attachement certain à la vérité. (Gorju, Julien Mgr, 1938 : « Face au royaume hamite du Rwanda, le royaume frère de l'Urundi », Bibliothèque du Congo, N.S. Nr.3, Bruxelles, 1938).
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