Notre Voie (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Banque nationale d'investissement - La justice réhabilite l'ex-directeur général adjoint

Le tribunal de première instance d'Abidjan vient de produire une ordonnance de non-lieu concernant l'ex-directeur général adjoint de la Banque nationale d'investissement (BNI), Akobé Georges Armand Michel.

Selon l'ordonnance n°016/2008 du 4 avril 2008, produite part le doyen des juges d'instruction, Gnakadjé Ladji Joachim, l'information n'a pas retenu de "charges suffisantes contre le prévenu d'avoir détourné ou dissipé, en tout ou partie, des deniers publics qui étaient entre ses mains en vertu de sa fonction". En conséquence, toujours selon l'ordonnance, "qu'il y a lieu de dire n'y avoir lieu à suivre contre celui-ci du chef de détournement de deniers publics".

Dans l'entourage de l'ex-directeur général adjoint de la BNI, cette décision est une grâce de Dieu. "Nous considérons ce qui s'est passé comme les effets collatéraux de la guerre. En situation normale, l'information aurait été gérée entre le personnel et la solidarité entre les agents aurait joué. On reconnaît qu'il y a eu une faiblesse organisationnelle de la banque. Mais la manière dont Armand a été traité, l'opprobre qui a été jetée sur lui, laissent à penser qu'on lui en voulait terriblement. La preuve est que le tribunal n'a pas retenu de charges contre lui", témoigne un membre de la famille. "A 41 ans, c'est la carrière d'un jeune qui a été injustement brisée. Il fait partie de ceux qui ont créé la BNI. Certes, la justice l'a réhabilité, mais il y a toujours cette image de détournement de deniers publics qui va le poursuivre. Il est limogé sans droit. Ce qu'on n'arrive pas à comprendre, c'est que ceux qui étaient accusés avec lui, ont retrouvé leurs postes sans difficultés. Alors que lui, on ne pense pas à le reprendre. Heureusement qu'il a le moral", renchérit celui qui se présente comme son ami intime. "Maintenant qu'aucune charge n'a été retenue contre lui, que va-t-il se passer ? Puisqu'il a été blanchi, la BNI doit logiquement le reprendre. Mais toutes les tentatives pour un retour ou une rupture à l'amiable sont restées vaines, sans explication", poursuit-il.

Pour rappel, c'est le 2 mars 2007, sur plainte de l'agent judiciaire du trésor, Zogbo Guina, que le procureur de la République près le tribunal de première instance d'Abidjan-Plateau a instruit la direction de la police économique et financière aux fins de diligenter une enquête complète concernant les faits de faux et usage de faux et détournement de deniers publics réalisés au préjudice de l'Etat de Côte d'Ivoire. C'est que dans le cadre de leur coopération, l'Etat de Côte d'Ivoire et le Royaume de Belgique étaient co-titulaires d'un compte intitulé "Fonds de développement ivoiro-belge" domicilié à la BNI. Des mouvements frauduleux ont été constatés sur ce compte pour un montant de 1,4 milliard FCFA au profit de certaines personnes qui se seraient présentées comme prestataires de service pour le compte de ladite coopération. Ce qui a conduit à l'interpellation de plusieurs agents dont l'ex-directeur général adjoint Armand Akobé.


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