|
|
Ile Maurice: Que faire quand on a atteint tous ses objectifs ?
![]() |
||||||||||
|
||||||||||
L'Express (Port Louis)
10 Avril 2008
Publié sur le web le 10 Avril 2008
Aline Harmon
Port Louis
Le directeur régional pour l'Afrique du Sud et l'océan Indien de «Advance Micro Devices» (AMD) a choisi d'aider les autres. Son projet : un ordinateur portable pour chaque enfant.
Un ton nonchalant. Mais pas modeste. Le tutoiement tout de suite. Et le regard fixe. C'est clair. Imitiaz Mosaheb sait ce qu'il vaut. Il sait où il va. Il sait ce qu'il veut. Le directeur régional pour l'Afrique du Sud et l'océan Indien de Advanced Micro Devices (AMD) est un homme d'affaires en costume rayé qui se prête au jeu.
Avec méthode. Vous en connaissez beaucoup qui vous racontent une histoire sans digressions ? Imitiaz Mosaheb n'en fera pas une seule. Déroulant sa vie comme une ligne droite. Sans être plate.
Bien au contraire. Dix-huit, voire même 24 heures de travail par jour. Parfois trois jours sans dormir. Et un moteur : briser le monopole d'Intel. «Tant que c'était là, on avait des produits élitistes et il n'y avait pas d'avancées technologiques.» Maintenant que c'est fait, avec AMD, son projet est : «one laptop per child. Mem si to pe roul dan BMW moi mo lor bisiklet ; lor Internet, pena okenn diferans». Un objectif avec un volet éducatif, tout en mettant la technologie à la portée du plus grand nombre.
Le ton avec lequel il parle de son dernier bébé est celui de l'homme qui est au top. C'est peu de dire qu'Imitiaz Mosaheb a réussi. «En cinq ans, j'ai atteint tous mes objectifs», affirme-t-il. Rien de moins. Pour ce fils d'un instituteur et d'une doctoresse, qui a été élevé par l'exemple. Celui de parents dévoués. Qui à quatre-cinq ans est « traumatisé » parce qu'une sortie à la mer avec ses parents finit par un accouchement en catastrophe. Celui d'une pique-niqueuse. «Quand on a demandé s'il y avait un docteur dans les parages, ma mère s'est portée volontaire et mon père l'a accompagnée pour ne pas la laisser seule.» Une mère qui, tout en gérant travail, mari et enfants, a repris ses études.
Imitiaz, très vite a, lui aussi, le goût des études. Tout ce qu'il fait, il le fait bien, il le fait à fond. Lui, c'est le bricoleur de la famille. L'enfant qui ne restera pas des heures devant la télé, mais qui, dans son temps libre, essaiera de réparer des consoles vidéos cassées.
À l'heure du choix de filière, pas question pour lui de choisir la médecine. «Il y avait déjà tant de docteurs dans ma famille.» Il a surtout vécu au rythme des gens venant demander secours à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Au moins les machines ne tombent pas malades au milieu de la nuit.
Parti de Maurice en 1986 pour un BSc Electronics with computer à l'université de Houston aux States, cet enfant bricoleur a fini avec un Executive MBA, toujours de l'université de Houston. Sa carrière professionnelle ressemble à un tapis de velours. Installé au Canada puis aux States, il a été Country Manager pour le Canada, directeur des ventes et Global Account Manager pour Sony, Compaq, HP, NEC, Sun et Packard Bell. Echelons gravis avec boulimie en 16 ans.
«Le ton avec lequel il parle de son dernier bébé est celui de l'homme qui est au top. C'est peu de dire qu'il a réussi. 'En cinq ans, j'ai atteint tous mes objectifs'.»
Que faire quand on est déjà au sommet ? À part y rester, bien sûr. « La vie, c'est 70 % d'organisation et 30 % d'exécution. » En faisant le tour de ses priorités, Imitiaz Mosaheb s'est alors demandé qu'elle était la source de tous ses succès. Il n'a pas eu à aller chercher loin. «Ce sont mes parents et l'éducation qu'ils m'ont donnée. Alors je me suis demandé ce que je pouvais faire pour eux. Et je me suis demandé pourquoi ne pas revenir à Maurice.»
Une chose entraînant une autre. Le nouveau CEO d'AMD - lui aussi un ancien de l'université de Houston - a une vision. Celle de connecter 50 % du monde sur Internet en 2015. Un objectif auquel Imitiaz Mosaheb adhère totalement. C'est d'ailleurs ce CEO qui lui demande : «Pourquoi t'arrêter maintenant, va t'occuper de nos intérêts en Afrique du Sud et dans l'océan Indien.»
Il décroche le poste de Accounts Executive chez Cyrex micro processor en 1995. En trois mois, le voilà qui repart avec le Millionaire's club award, prix qui récompense des ventes d'un million de dollars. Performance réalisée sans contact, sans réseau de départ. Juste du travail bien fait. De la sueur. Et des nerfs solides. Seize ans plus tard, quand il quitte les Etats-Unis - nous sommes alors en mai 2007 - son quota annuel de vente tourne autour du milliard de dollars.
Son palier de millionnaire lui ouvre les portes de Silicon Valley. Imitiaz Mosaheb y est responsable de la section vente et marketing pour l'ouest du Canada et l'ouest des USA de 1996 à 2001. «a l'époque, un ordinateur coûte plus de mille dollars. On s'est demandé quelle technologie adopter pour faire baisser les prix.» Son rôle : mettre les gens en contact pour réduire les coûts d'opérations, c'est-à-dire faire des business plans, «car cela prend une année pour dessiner un PC. Rien que la carte mère demande six mois pour le design et la production.»
À cette époque, l'Internet fait ses premiers pas. «Apple pe tombe. Il fallait voir qu'est-ce qui était viable». Cyrex est racheté. Mais Imitiaz Mosaheb conserve ses fonctions. Et « lance le PC en dessous de 1 000 dollars avec Packard Bell». Avant de proposer le PC avec trois ans de connexion à l'Internet.
Des États-Unis, il traverse le Pacifique pour acquérir trois ans d'expérience au Japon. «Cela m'a permis de comprendre comment on fonctionne à l'Est comme à l'Ouest.» Simple exemple culturel : «Si nous étions au Japon, je vous aurais déjà offensé, car s'asseoir jambes croisées en face de son interlocuteur fait que j'ai le plat du pied levé en direction de votre visage.»
Après avoir appris que l'on tend toujours sa carte de visite avec deux mains et en courbant la tête, Imitiaz Mosaheb revient à Houston en 2000 pour son MBA. Avant d'être embauché chez AMD en 2002, il sera responsable des projets avec Hewlett Packard, en d'autres termes, HP Global Account Manager. La boucle est bouclée. Postes à rayonnement international. Un train de vie dont il n'a pas à se plaindre. Un mariage. La famille. Son île natale. Un projet éducatif. Que demander de plus à la vie ?
| |||||||||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Copyright © 2008 L'Express. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici. | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Faites d'allAfrica.com votre page d'accueil | Fils RSS | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Début de page | Plan du Site | Qui Nous Sommes | Publicité | Recherche | Abonnement | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Un commentaire? Remplissez le formulaire. Données Personnelles . | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
![]() Les plus actifs du jour
|