Le Pays (Ouagadougou)

Burkina Faso: Contre-Analyse- greve des 8 et 9 - Un bilan satisfaisant dans le Boulkiemdé

La grève des 8 et 9 s'est achevée le mercredi 9 avril 2008 sur une note de satisfaction des centrales syndicales et syndicats autonomes du Boulkiemdé, au regard de la grande mobilisation des travailleurs.

Comme le premier jour, les travailleurs se sont encore retrouvés dans l'enceinte du théâtre populaire de Koudougou, pour boucler la grève dans l'espoir que l'Etat réagisse vite et favorablement à leurs doléances. Ce deuxième jour de la grève a été dominé par une communication sur les Accords de partenariat économiques (APE). Ce thème a été développé par le père Jacques Lacour de SEDELAN, qui était entouré des responsables syndicaux dont Yacouba Ouédraogo, président du mois des organisations syndicales du Boulkiemdé. Dans sa communication, le père Jacques Lacour a d'abord expliqué l'esprit des accords de partenariat économique.

Pour lui, l'application du libre échange aura des répercutions négatives sur le vécu quotidien des citoyens car ces accords ne favoriseront pas le développement du Burkina Faso. C'est pourquoi, il est important, a-t-il dit, que les gens comprennent cela et fassent des contre-propositions afin d'éviter cette imposition des APE par l'Europe. Le père Jacques Lacour a poursuivi en ces termes : "Il faut que la souveraineté alimentaire l'emporte, que l'on puisse défendre notre agriculture, notre tissu économique, car on veut faire de nous uniquement des consommateurs, ce qui n'est pas bien pour la nation." Selon le communicateur, on ne peut pas mettre en concurrence des économies qui ne sont pas à arme égale.

C'est programmer la destruction des plus faibles, a-t-il signifié. L'application des APE tels quels était prévue, c'est-à-dire la libéralisation totale du commerce avec suppression des taxes douanières, aura pour conséquence, la baisse du budget national. Car les taxes douanières rapportent des devises importantes à l'Etat à même de permettre de payer les salaires des fonctionnaires. Une autre conséquence est que les petites unités de production vont disparaître sous la pression de la concurrence internationale. Le secteur agricole connaîtra un choc, avec pour conséquence, l'exode rural, a relevé le père Jacques Lacour.

Il a fait savoir qu'il y aurait un manque de riz dans le monde, d'où l'urgence de soutenir nos riziculteurs. Il a par ailleurs invité les populations à consommer les produits burkinabè. Concernant les OGM, le père a invité les citoyens à la vigilance pour ne pas dépendre d'une chaîne multinationale comme Monsanto dont les conséquences pourraient être graves pour le pays. Il en est de même pour les bio-carburants dont le bradage de nos terres aux multinationales qui ne cherchent qu'à faire du bénéfice au détriment de nos cultures alimentaires, pourrait entraîner de graves conséquences, a-t-il soutenu.

Toujours sur les APE, le père Jacques a insisté qu'il faut résister, demander à ce que la dimension de développement l'emporte sur celle de libre échange dans ces accords si on devait un jour en signer. Le président du mois des organisations syndicales du Boulkiemdé, Yacouba Ouédraogo, s'est dit satisfait de la mobilisation des travailleurs. Pour ce dernier, le bilan partiel de la grève pour la journée du 8 avril 2008 est de 80%. Certains services ont réalisé un taux de 92% et d'autres 100%, comme le centre régional de transfusion sanguine, a-t-il dit.

A en croire le président du mois, les deux thèmes, à savoir la vie chère et les APE, développés au cours de ces 48 heures de grève, ont mobilisé beaucoup de travailleurs. "Nous allons continuer la mobilisation pour attendre d'autres mots d'ordre de grève qui viendraient à être décrétés", a-t-il conclu.


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