Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: La finance islamique "s'intègre parfaitement" dans le système international, selon Ibrahima Sar

14 Avril 2008


L'intérêt de grands groupes financiers classiques pour les établissements financiers gérés suivant les préceptes de la religion musulmane est la preuve que la "finance islamique s'intègre parfaitement dans le système financier international", a dit lundi à Dakar le ministre sénégalais du Budget, Ibrahima Sar.

"La cohabitation d'institutions classiques et islamiques au sein de grands groupes bancaires et l'intérêt manifesté par les pays d'obédience non musulmane montrent que la finance islamique transcende les clivages religieux et s'intègre parfaitement dans le système financier international", a notamment indiqué M. Sar qui présidait la cérémonie d'ouverture d'un séminaire de deux jours consacré à la "finance islamique".

Les participants à cette rencontre sous-régionale viennent, outre de pays membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), de la Malaisie et de la Suisse.

La Banque islamique de développement (BID) et l'Institut de régulation de la finance islamique dans le monde (ISFB, en anglais), parmi d'autres institutions, y sont représentés.

De "grands groupes bancaires occidentaux ont pris l'option d'ouvrir des fenêtres ou compartiments dédiés à la finance islamique", a souligné le ministre, qui a cité en exemple BNP Parisbas, Citibank, HSBC et Meryl Lynch.

"Les pays émergents notamment la Malaisie et certains pays occidentaux comme la Grande Bretagne" ont pris la pleine mesure de l'utilité des institutions financières à caractère islamique, a-t-il fait savoir.

M. Sar déplore le retard accusé par les pays de la zone UEMOA pour promouvoir la finance islamique.

"Force est de reconnaître que notre Union, en dépit de l'existence de deux banques et d'une société d'assurance islamique, accuse un retard en la matière. En effet, sa part dans le total des actifs islamiques qui s'établit à 0,01% reste marginale", a-t-il relevé.

Selon lui, "la finance islamique recèle assurément des atouts susceptibles d'impulser le saut qualitatif indispensable au secteur financier pour une meilleure satisfaction des besoins de financement de nos économies".

"Les pays membres de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) ont des défis (qui) ne pourraient pas valablement être relevés sans un élargissement de l'offre de financement et une diversification des produits financiers", a-t-il prévenu.

Des "statistiques récentes" estiment l'encours des actifs islamiques entre 600 et 800 milliards de dollars et cela présente la finance islamique "comme une alternative crédible à la finance conventionnelle".

Cette prise de conscience, explique le ministre du Budget, amène les établissements financiers bancaires classiques à "favoriser la création d'institutions financières islamiques au sein de leur système".

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