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Côte d'Ivoire: Les exportateurs indiens et les transitaires grognent


Notre Voie (Abidjan)
 

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Notre Voie (Abidjan)

16 Avril 2008
Publié sur le web le 16 Avril 2008

Didier Depry

Depuis environ un mois, le climat est sous tension entre les exportateurs indiens de la filière anacarde, les transitaires opérant dans cette filière et la douane. Et pour cause, les exportateurs et les transitaires reprochent à la douane, d'une part d'avoir bloqué la signature des documents administratifs afférents à l'exportation de l'anacarde si bien que les conteneurs de produits restent encore stockés au port, et d'autre part, d'exiger des sacs spécifiques pour le conditionnement de l'anacarde.

Selon les transitaires rencontrés hier au Port d'Abidjan, la douane, par le biais de certains de ses agents exerçant au bureau d'exportation, estimerait qu'il est contraire à la réglementation que les producteurs de l'anacarde utilisent des sacs usagés appartenant au FDPCC pour conditionner les noix de cajou. "Ils disent agir sur plainte du FDPCC. Malheureusement, les douaniers ne nous présentent pas de document écrit attestant cette recommandation. Si c'était le cas, les producteurs d'anacarde auraient pu rencontrer leurs homologues de la filière café-cacao pour trouver un terrain d'entente. La douane demande aux producteurs d'anacarde d'utiliser d'autres sacs pour conditionner leurs produits, autres que ceux du café-cacao afin de ne pas prêter à confusion. Nous les comprenons, mais la filière anacarde n'étant pas très nantie comme celle du café-cacao, les producteurs ne disposent pas de sacs spécifiques pour conditionner leurs produits. Ils utilisent tous les sacs qui leur tombent sous la main. Ce blocage causé par la douane perturbe les exportateurs indiens mais également nous, les transitaires puisque c'est nous qui établissons les pièces administratives pour l'acheminement du produit à l'export. Des pièces que la douane refuse de signer", soutiennent quasiment en choeur les transitaires. Quant aux exportateurs indiens, ils refusent de payer les amendes qu'exige la douane au motif que "l'ensachage du produit n'a pas été fait par eux mais par les producteurs". Les transitaires et les exportateurs disent motiver aussi leur colère par le fait que "habituellement, la douane fait une circulaire pour nous informer des mesures qu'elle prend. Mais curieusement, cette fois-ci, il n'y a eu aucune circulaire. On nous demande de reconditionner des tonnes de noix de cajou. Ce qui n'est pas évident car on ne trouvera pas sur le marché une grande quantité de sacs. S'il faut les confectionner, ce ne sera pas prêt avant plusieurs mois".

Les exportateurs indiens menacent de se tourner vers d'autres pays pour l'achat de l'anacarde. Les conséquences de cette crise pourraient se décliner au niveau du prix d'achat de l'anacarde (il pourrait passer de 230 FCFA / kg à 200 FCFA /kg).



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