ABDELLAH CHEIKH
17 Avril 2008
Hommage à feu Mohamed Kacimi
Organisé par l'Association Salam à Essaouira pour fêter la culture plastique, l'art visuel et la pensée esthétique, le Printemps des Arts plastiques prévu du 18 au 20 avril courant, sera marqué par un programme riche et varié dont la volonté est de promouvoir de façon créative les arts plastiques en tant que premier chant de l'humanité qui ne cesse de dévoiler les mystères de la vie et d'apporter une touche d'impressionnisme dans notre quotidien menacé.
Cette manifestation artistique sera également ponctuée par le programme suivant :
Vendredi 18 avril : exposition collective à l'espace Agenda 21 en présence effective des invités d'honneur dont l'artiste italien Karam Sebastiano Cannarella et le directeur de l'Ecole supérieure du design et des arts visuels (ESDAV) Abderrahim Jabrani.
Il s'agit d'une cartographie dans une mise en scène enchanteresse qui donne à voir les oeuvres d'un parterre d'artistes qui vénèrent la beauté artistique au point de la réinventer : Hassan mimouni, Mohamed Toumi, Azzam Medkour, Abdelmajid Zouitina,Khalid Bayi, Rahal Dinari, Abdellah Azz, Mustapha Chouhaibi, Najat Moufid, Khadija Moufid, Jbile Elyazid, Ahmed Zaghloul, Mohamed Berrada, l'artiste photographe francais Guy Thimel , Nisserine Seffar, Fatima Sabky, Ahmed Douma, Ahmed Harouz, Abdellah Rbiaa, Hassan Cheikh, Afif Mohamed, Mohamed Tiferdine, Noureddine Hajjaj , Attabi, le sculpteur italien Renso, Oulamine, Boukhabza, Nadia Ouchater, Harabida, etc.
Exposition conçue par Moussa Zakani, Said Guihia et des étudiants de l'ESDAV.
Samedi 19 avril : Autre moment -phare, c'est l'hommage rendu à feu Mohamed Kassimi à Dar Souiri à partir de 16 heures avec la participation de Boujemaa Achefri, Abderrahman Benhamza et Ahmad Fassi.
Une projection d'un film documentaire retracera en différents volets le parcours et les différentes facettes de Mohamed Kacimi, véritable icône de la modernité, proche du peuple et impliqué dans la vie publique, comme militant des droits de l'Homme et porte-drapeau des valeurs de paix, de liberté et de tolérance.
Pour les organisateurs, cet événement soutenu par la province d'Essaouira, l'Association Mogador, la délégation de la Culture et l'Association marocaine des passionnés des arts plastiques, est une initiative citoyenne qui vise à développer davantage l'acte plastique, en exposant d'autres formes et styles qui sortent des sentiers battus et expriment leurs préoccupations cognitives et esthétiques et en brisant les frontières géographiques pour s'ouvrir sur le monde.
Pour les passionnés des arts plastiques, la ville des Alizés sera une escale annuelle pour apprécier la chose artistique à sa juste valeur, dans le souci de la démocratiser dans le temps et l'espace.
En rendant hommage à feu Kacimi, l'Association Salam honore la création post-moderniste qui fait la part belle au rêve, au « conceptuel » et à la recherche perpétuelle. Cet artiste hors du commun est "le peintre de l'infigurable" par excellence comme il plaisait aux critiques de le qualifier. Il est décédé à l'âge de 61 ans, suite à une longue maladie. Le peintre fut le fondateur d'un courant de jeunes peintres qui cherchaient à s'affirmer et à accomplir la mission qui incombe à l'artiste dans la société. De surcroît, il n'a pas cessé, sa vie durant, de militer en s'impliquant activement dans la Ligue desdroits de l'Homme ainsi que dans de nombreuses associations caritatives. Il ne faisait pas partie de ces artistes qui s'isolaient et s'exilaient pour créer. Loin s'en faut. Son art l'amenait à se préoccuper de tout y compris la préservation de la ville et du paysage. Pour s'en rendre compte, il suffit de se rappeler son dernier projet "La pyramide bleue" au Caire où il proposait de peindre, pour la dernière Biennale, une des pyramides de Gizeh en bleu avec un rayon laser partant de la pyramide et traversant la ville jusqu'au Musée d'art moderne. Ce fut sa manière à lui de prouver que l'artiste se doit de participer à la transformation de l'espace. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'il a obtenu en 1994, les premiers prix à la 4e Biennale internationale du pastel à Saint-Quenton (France) et à la 5e Biennale internationale du Caire.
« L'artiste a rendu l'âme. Mais ses toiles auxquelles il a savamment mêlé poèmes et magie ainsi que ses publications dont "L'été blanc" (Edifra Paris, 1990) et "Le cheveu du corps" (Al Manar 1996) témoigneront à jamais de son incontestable talent», écrit Sadia Alaoui, journaliste.
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KACIMI C'EST DE LA COULEUR QUI BAVARDE,UNE SORTE D'oryx EN FUITE qui CHERCHE DES PRIERES DANS le coeur des hommes. HABIB MOUFADDAL