Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Des Tic si près, si loin

Jolivet Emmaüs

21 Avril 2008


Les Technologies de l'information et de la communication (TIC) ont du mal à se défaire de leur qualificatif de "Nouvelles" au Burkina Faso. Bien que ces outils si nécessaires au développement au IIIe millénaire aient fait leur apparition dans ce pays voilà plus d'une décennie de cela, leur vulgarisation tarde à s'affirmer sur tout le territoire national. En dehors de la capitale Ouagadougou, de la capitale économique Bobo-Dioulasso et de quelques localités privilégiées, les TIC restent un mystère pour de nombreux burkinabè de divers horizons et continuent de conserver à leurs yeux, toute leur appellation "NTIC". Des efforts ont pourtant été consentis aussi bien par les pouvoirs publics que par les opérateurs privés pour les promouvoir. La Délégation générale à l'informatique (DELGI), le ministère des Postes et des Technologies de l'information et de la communication (MPTIC), l'Autorité de régulation des télécommunications (ARTEL), la Commission de l'informatique et des libertés (CIL) constituent la preuve de l'engagement de l'Etat.

Et la multiplication des cybercafés et la création de sites d'accès ou de fournitures traduisent l'adhésion des particuliers. Malgré tout cela, la mayonnaise tarde à prendre. Si le Burkina Faso peut s'enorgueillir d'abriter trois opérateurs de téléphonie mobile dont l'action conjuguée permet aux hameaux les plus reculés du pays de bénéficier des prouesses du portable, ce n'est pas le cas pour l'Internet. L'accès à ce multimédia est sérieusement compromis par son coût élevé et sa très rare disponibilité. Les centres sont abondants dans les deux plus grandes villes, mais quasi-inexistants dans les autres localités. Soit c'est le débit qui est faible et retarde l'information, soit les cybercafés manquent ou ferment dans les communes secondaires.

Divers services de l'administration publique ou privée sont ainsi limités dans leur élan de gagner en temps, en distance et en coût. Or, les concepteurs du développement sont unanimes à admettre que les TIC participent efficacement au progrès. Elles contribuent à la lutte contre l'obscurantisme, accélèrent les prestations, rendent les élections incontestables... Les TIC concourent à bien des égards, à la réalisation du développement. Notre planète doit, en partie, son caractère "globalisant et mondialisant" à leur essor, ces dernières années. Le Burkina Faso doit exprimer davantage en cette Semaine nationale de l'Internet (SNI) sa volonté d'intégrer les TIC dans son processus de développement. En ajoutant, par exemple, aux initiatives déjà prises pour adjoindre les TIC à certains secteurs d'activités et augmenter le débit, la réduction des coûts (achat de matériels informatiques, installation, connexion) comme cela a été le cas dans les années 1970 pour les postes radio à travers des exonérations. Là aussi, des mesures doivent être prises pour éviter toute prédation commerciale. Car comme l'a souligné en 2003, l'ex-ministre béninois de la Communication, Gaston Zozou : "Les peuples qui ne chercheront pas à résoudre leurs problèmes basiques par les TIC commettront une grave erreur".

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