La Tribune (Algiers)

Algérie: Nassim Sidi Saïd, premier pilote arabe et africain en formule 3

Réel succès pour l'Algérie et pour son pilote international

Premier pilote arabe et africain en formule 1, Sidi Saïd (33 ans), à fréquenter les circuits de course automobile, il a mis en place un programme sportif pour concrétiser au plus vite son accession en Formule 1. Le pilote automobile algérien de Formule 3, Nassim Sidi Saïd, engagé par l'écurie italienne Minardi, estime qu'il a tenu «ses engagements, ceux de faire entrer son pays dans le milieu très fermé de la Formule 1».

L'accession du pilote automobile algérien en Formule 1 est un «réel succès pour l'Algérie et pour son pilote international», dont l'objectif a toujours été d'intégrer la plus prestigieuse des courses automobiles dans le monde. En engageant le pilote algérien, l'écurie Minardi projetait de promouvoir la Formule 1 dans les pays arabes, sachant que le Bahreïn est le seul pays arabe entré de plain-pied dans le cercle très réduit des organisateurs de course automobile de Formule 1, baptisé «premier grand prix de la F1 au Moyen-Orient». A travers Sidi Saïd, la grosse écurie compte lancer un programme de promotion des jeunes espoirs arabes, de même qu'il suscitera l'intérêt des entreprises évoluant dans le marché arabe pour la Formule 1 et ses multiples opportunités d'investissement.

L'amour fou de l'automobile

Pour ses débuts en formule 3, ce diplômé en commerce et licencié en sciences politiques et relations internationales, au lieu de pencher vers le football qu'il aimait tant, préférait être au volant d'une voiture pour des déboulés. En 1990, adolescent déjà, il rêvait de conduire une voiture de course. Il n'hésitait pas à se rendre à El Harrach (Cinq Maisons) pour assouvir sa curiosité en regardant les frères Serir tripoter dans les moteurs de voitures de course dans leur garage. Dans son quartier, à Bir Mourad Raïs, il ne ratait pas la moindre discussion sur tout ce qui a trait à la course. Il voulait être au fait du moindre détail, fréquentant sans cesse les lieux de course, de karting. Il a débuté sa carrière de pilote en karting, puis en formule Renault, avant d'accéder, en 1998, au Championnat de France de formule 3. Ses débuts remonte à 1993.

Ce jour-là, il vit son rêve prendre forme, quand il s'essaya au volant d'une vraie voiture de course, en effectuant sa première vraie course, à Sidi Bel Abbès. N'ayant jamais été initié à la course automobile, et sans aucune formation, hormis son courage et sa volonté de fer de réussir dans ce sport, se souvient-il, il bouscula tout ce qui était sur son passage, en commençant d'abord par les pauvres trottoirs qu'il écailla. Bref, il était à la limite de l'accident, il avait une très mauvaise approche du sport automobile. Puis, au fil des courses, Nassim apprend, mais pas assez vite. Alors, il décide de s'inscrire dans une école de pilotage à Magny Cours, en France.

Son amour pour l'automobile était tel qu'il décida de ne pas rater cette aubaine, laquelle lui permettra de conduire une vraie voiture de course, sur un vrai circuit. En gros, devenir un vrai pilote. Cependant, pour réaliser ce pieux et vieux rêve, il fallait prendre part au championnat de France de formule Renault, trouver un budget, des partenaires, des sponsors. Ce n'est qu'auprès de son propre père qu'il trouva toute l'attention et toute l'assistance requise. «Au début, il n'était pas question que je prenne part à la course automobile, raconte Nassim. Mais quand mon père s'est aperçu que c'était du sérieux, et que j'étais prédestiné à une riche carrière, il s'est résolu à m'aider à fond la caisse. Mes débuts ne furent pas une réussite eu égard à mon inexpérience et les difficultés financières auxquelles j'étais confronté. Mais je me suis forgé un moral et commencé à me faire un nom sur la scène internationale». Sa troisième place en catégorie B le propulse chez les pros dès 1996. «Là, j'ai vraiment commencé à sentir la lourde responsabilité de représenter l'Algérie, et toute la nation arabe avec des sponsors purement algériens, nous a-t-il dit. La firme pétrolière algérienne, Sonatrach, a été parmi les premières à voler à mon secours et à me faire confiance». Elle lui a prodigué toute l'aide financière nécessaire. Mais son élan fut stoppé par un grave accident survenu lors de la saison 1997, et qui lui a valu quatre mois de convalescence. En dépit de cette longue période d'activité, il se classa neuvième et accéda l'année suivante à la formule 3.

Cosworth de formule 3000, catégorie supérieure à la formule 3

Nassim effectua les premiers essais en 2004 en France sur le circuit de Magny Cours où, à plusieurs reprises et pendant de longues journées, il s'est exercé au volant d'une Lola Cosworth de formule 3000, catégorie supérieure à la formule 3 avec des moteurs développant près de 500 chevaux, et des voitures qui atteignent les 300 km/h. Le pilote algérien effectue régulièrement des déplacements à Faenza où se trouve le siège de l'écurie Minardi. Cela lui a permis de s'imprégner davantage de l'ambiance et des méthodes de travail d'une écurie évoluant en Championnat du monde. Le but de ces essais et de ces séances de travail au siège de Minardi est de préparer le pilote algérien aux contraintes physiques et aux exigences techniques d'une formule 1 qu'il souhaitait piloter, si toutes les conditions étaient réunies. Nassim effectuera ses premières courses de la saison 2004, dans une catégorie intermédiaire entre la F3 et la F1 afin d'entretenir son niveau et de consolider son expérience dans la perspective des échéances futures. Durant les mois qui ont suivi cet accord, Nassim a travaillé avec le staff de l'équipe Stardrives Motos sports, lequel le faisait rouler en Formule 3 depuis la saison 2000, afin d'étudier les modalités d'implantation d'une copie de pilotage en Algérie et lancer cette filière de détection de jeunes pilotes de la manière la plus conforme aux réalités socio-économiques du pays. L'étude de ce projet a duré plusieurs mois et a nécessité plusieurs déplacements des responsables de Stardrives Motosports en Algérie où de nombreux contacts ont été pris afin de cerner au mieux les conditions de réalisation de ce programme.

Formule 3000, Sidi Saïd renoue avec le podium

Depuis, le pilote algérien Nassim Sidi Saïd renoua vite avec la course automobile après une absence d'une année et demie. Il ne cessa de progresser. Un retour en force a confirmé sa solidité qu'il a gagnée depuis plusieurs années, et ce, en dépit du manque de compétition depuis un certain temps.

Ce retour au premier plan s'exprime par la deuxième place décrochée, au cours de la course de Formule 3000 qui s'est déroulée sur le circuit de Mugello en Italie. Nassim est parti en troisième position sur la grille de départ, et, malgré un début moyen, il a réussi à s'accrocher en coiffant sur le fil l'Italien Chiminelli, contraint à l'abandon. Nassim se montre très content à la faveur de ce succès qu'il partage avec ses sponsors principaux et officiels, en l'occurrence Sonatrach et Djezzy. Nassim Sidi Saïd commenta cette victoire en disant : «Je poursuivrai mes efforts pour me maintenir à un haut niveau de compétition en privilégiant tantôt les essais, tantôt les courses, dans la limite des moyens financiers dont je dispose. Il est pourtant clair qu'à un moment donné il va falloir s'engager pleinement dans un programme d'essais et de compétition. Les coûts de ce type de programme sont incompressibles, et réunir les fonds nécessaires à son financement devient pour moi de plus en plus difficile Je dois maintenant reprendre le cours de mes essais et la poursuite de mon ascension.» Il a rapidement séduit par le talent et la hargne sur les circuits. Il était complètement décomplexé, et sa marge de progression était très importante. Plusieurs écuries de formule 1 ont pris contact avec lui. Après deux ans de discussion, il est parvenu à un accord avec une grande écurie, ce grand fan du Brésilien Ayrton Senna, dont la vocation et la notoriété ont dépassé les frontières régionales et continentales.

Création d'une école de pilotage

Après la signature à la fin de l'année 2003 d'un accord avec l'écurie de formule 1 Minardi, qui prenait en compte l'évolution de la carrière de Nassim Sidi Saïd et les perspectives de développement du sport automobile dans les pays arabes ainsi que la détection des pilotes potentiels, le pilote algérien a travaillé depuis plusieurs mois avec ses partenaires pour la mise en oeuvre d'un programme, lequel porte autant sur ses activités de pilote de course que sur celles liées à la promotion du sport automobile et la formation de futurs pilotes en septembre 2004. Membre de l'écurie de formule 1 Minardi, le jeune prodige rêve d'inaugurer la première école de pilotage du Monde arabe, à Alger. Nassim Sidi Saïd et son équipe passeront à la phase opérationnelle de leur programme par l'ouverture en Algérie de la première école de pilotage et filière de détection des pilotes en partenariat avec des écuries européennes.

Son enseignement de haut niveau donnera accès aux épreuves automobiles les plus relevées d'Europe, ce qui fera d'elle la première école à former des pilotes professionnels dans le Monde arabe. D'ores et déjà, la configuration de ce programme est pratiquement établie et les partenaires techniques de cette école sont connus. Un site d'accueil pour cette école est en phase de préparation dans la région d'Alger, et les premiers stages de pilotage pourraient être dispensés bientôt.


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