Cameroon Tribune (Yaoundé)

Afrique: Sécurité aérienne - l'Afrique ne décolle pas

Un projet bénéfique de l'Oaci n'a toujours pas démarré en zone Cemac et à Sao-Tome et Principe.

Un hasard bien malheureux et, hélas, révélateur. Cette semaine, deux catastrophes aériennes sont survenues, l'une en République démocratique du Congo -rien de neuf là-bas donc, et l'autre, en Guinée équatoriale. Sans vouloir faire de l'humour noir, ça tombe bien pour la 3è réunion du comité de direction du Programme pour la supervision de la sécurité aérienne en Afrique centrale dénommé Coscap Cemac/Sao Tome et Principe. Elle s'est en effet ouverte mercredi à Douala sous la présidence du ministre camerounais des Transports, Gounoko Haounaye.

Le Coscap Cemac, élargi à Sao Tome et Principe, est un programme mis en oeuvre par l'Organisation de l'aviation civile internationale (Oaci) à travers lequel les différents Etats respectent les normes et les pratiques en matière de sécurité aérienne. Mais rien n'est simple pour les sous-régions de la Cemac et de l'Uemoa car, « pris individuellement, aucun Etat membre de ces deux regroupements « n'est à même de satisfaire de manière adéquate aux obligations de sécurité découlant de la convention de Chicago sur l'aviation civile internationale et de ses annexes ».

A ce propos, Ignatus Sama Juma, le directeur général de la Cameroon civil aviation authority, hôte de la réunion, rappelle que les sept Etats du Coscap-Cemac/Sao Tome et Principe ont été audités par l'Oaci. Un audit qui a révélé « l'absence et/ou l'inadaptation de la réglementation technique, le faible niveau d'activités de l'administration de l'aviation civile, l'expertise limitée du personnel technique, notamment des inspecteurs de sécurité, la prolifération des compagnies aériennes dotées d'aéronefs mal entretenus »

Il faut donc se regrouper pour être plus forts. Les Etats semblent l'avoir bien compris mais il n'empêche et Ignatus Sama Juma s'en plaint, les choses vont plutôt lentement puisque, « bien que toutes les dispositions administratives aient été prises, le démarrage du projet n'est toujours pas effectif ». Pourtant, rappelle le ministre Gounoko Haounaye, l'urgence est signalée. La moyenne mondiale des taux d'accidents d'avion est de 1,03 pour un million de décollages. En Afrique, elle est de 9,7 ! Or, l'objectif de l'Oaci est que la moyenne ne soit, nulle part au monde, plus du double du chiffre actuel, pas plus de 2,06 donc. L'Afrique doit donc diviser ses 9,7 par 4. La réunion de Douala, qui s'achève aujourd'hui, est cruciale.

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