Libération (Casablanca)

Maroc: Le Royaume aura son sommet national d'innovation technologique

Mohamed Kadimi

23 Avril 2008


La constitution d'une société d'information s'impose au Maroc. La compétitivité de l'économie nationale exige un recours massif et intelligent aux NTIC.

C'est dans ce cadre, d'ailleurs, que peut s'inscrire, la stratégie nationale dévoilée la semaine dernière à Rabat par Ahmed Chami, ministre de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies d'information et de communication. Laquelle stratégie est basée, selon le ministre, sur sept axes principaux: améliorer l'accès, équipement des entreprises en NTIC, accès à un service sans mobile, modernisation de l'administration publique, ressources humaines, recherche-développement et innovation ainsi que le développement de l'infrastructure.

Reposant sur un partenariat public-privé, cette stratégie vise à rattraper les retards et renforcer la compétitivité de l'entreprise marocaine et donner un grand souffle à l'investissement dans la recherche-développement. Cela est important d'autant plus que le Maroc ne consacre que 0,8% de son PIB à la R&D, ce qui le met dans la catégorie très basse en la matière. Les résultats sont, par conséquent, en deçà des attentes. 932 brevets seulement sont déposés auprès de l'OMPIC chaque année. Sur ce total, 84% est la propriété des étrangers. Il n'y a que 50 brevets déposés par des Marocains dont 40 par des entreprises. Ces statistiques en disent long sur l'informatisation et surtout sur le chemin à parcourir.

Ceci s'explique par la faible implication des entreprises mais surtout par l'absence d'un plan global et cohérent de l'innovation qui implique aussi bien le public-privé que les universités et les écoles spécialisées.

Pour corriger cette situation, l'Etat a signé des mémorandums avec Cisco, Intel et Microsoft.

Sur cette même voie, IBM Maroc et le ministère de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies ont signé, vendredi dernier, la convention Morocco innovation initiative et inauguré un centre d'innovation et le«Technical Exploration Center» du même opérateur. «Morocco Innovation Initiative» a pour objectif de créer le cadre et les conditions de l'innovation dans les secteurs-clés de l'économie, soutenir la croissance du pays et lui permettre de s'ancrer de manière durable dans l'économie mondiale.

Le coût du projet est évalué à 5 millions de dirhams. Mais la valeur, dit-on, n'est pas dans le matériel qu'IBM va mettre en place mais dans les technologies qu'il va mettre au service et surtout de connexion au large réseau de cet opérateur constructeur à travers le monde.

Un comité commun composé des secteurs publics, privés, des universités et d'IBM sera chargé d'élaborer une stratégie nationale de l'innovation pour les secteurs clés de l'économie marocaine.

Le Maroc est le premier pays d'Afrique à signer ce type de convention sur l'innovation avec IBM. Un sommet de l'innovation «Morocco National Innovation Summit» se tiendra au 4ème trimestre 2008. Les résultats des travaux de ce comité d'experts seront présentés à cette occasion.

A travers ces deux centres, IBM s'engage à accompagner les entreprises des secteurs privé et public à concevoir des solutions innovantes et réaliser de la croissance. Cet opérateur propose aux partenaires commerciaux, éditeurs de logiciels et intégrateurs d'IBM d'accéder sans frais aux ressources matérielles et logicielles et de bénéficier de multiples avantages. Il s'agit d'abord d'un accès aux logiciels, plates-formes et hardware de ce constructeur; d'une assistance technique personnalisée et des ateliers techniques pour acquérir des compétences sur les dernières technologies. Pour ce qui est du Technical Exploration Center, c'est un centre de séminaire où IBM Software Group s'engage à mettre gratuitement à disposition de ses clients et partenaires de très hautes technologies. Il aurait été conçu dans l'objectif de permettre d'acquérir rapidement une expérience pratique sur les dernières technologies et solutions IBM, et apprécier la façon dont elles s'intègrent à des environnements existants. Les ateliers seront animés par des professionnels des marques Lotus, Tivoli, Rational, Websphere, Système z.

A rappeler qu'IBM a eu déjà une expérience marocaine qui avait mal tourné. Dotée d'une performance à toute épreuve, sa filiale marocaine fortement présente au sein de l'administration publique, la Défense nationale et la sécurité (et pilotée à partir de Paris) a fait faillite suite à une cascade de mésaventures ayant débouché sur le licenciement du PDG d'IBM Corp. Les difficultés qui ont jalonné l'histoire de la reprise de cette filiale avaient conduit à sa faillite, au licenciement de l'ensemble des cadres et employés qui y travaillaient et au refus de leur céder cette entreprise au prix coûtant.

Certains d'entre eux se sont installés à leur compte tant au Maroc qu'en France en insufflant une dynamique certaine au marché de la maintenance des gros ordinateurs et autres supercalculateurs.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2008 Libération. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Maroc

Rubriques