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Tchad: Nouveau gouvernement tchadien - L'opposition invitée au repas du seigneur Deby


L'Observateur Paalga (Ouagadougou)
 

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L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

24 Avril 2008
Publié sur le web le 25 Avril 2008

D. Evariste Ouédraogo

L'information a été annoncée par la radio nationale tchadienne citant un décret du président Idriss Deby Itno. L'opposition du Tchad a accepté mercredi dernier de faire partie du gouvernement du nouveau premier ministre, Youssouf Saleh Abbas, ancien conseiller diplomatique du président Deby, nommé le 16 avril 2008, nomination saluée par Paris. Quatre ministères ont été accordés aux opposants au pouvoir de N'Djamena.

Ainsi, le très ccélèbre contestataire du sud du Tchad, Wadal Abdelkader Kamougué, occupe désormais le poste de ministre de la Défense. Son compère de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), la principale coalition de l'opposition, Jean Bawoyeu Alingué, se voit, lui, confier le département de la Justice, garde des Sceaux.

Hamit Mahamat Dahalob, porte-parole adjoint de la CPDC, dirige le ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat. Un autre membre de la coalition, Naimbaye Lossimian, se charge pour sa part de l'Agriculture.

Le chef de la primature avait quelques jours plus tôt convié l'opposition tchadienne à « entrer dans son gouvernement » pour travailler à « la restauration de la paix ». Ancien chef rebelle et ex-opposant en exil qui avait finalement pactisé avec le pouvoir du président Deby en 2006, le premier ministre, Youssouf Saleh Abbas, originaire de la région du Ouaddaï (est du Tchad où sont actifs plusieurs mouvements rebelles), avait alors soutenu que sa « première priorité » était de former un gouvernement d'ouverture, d'aller vers les différents partis politiques pour travailler avec eux.

Selon une source anonyme, Delwa Kassiré Coumakoye, que monsieur Abbas a remplacé à la primature, a été limogé parce qu'il s'opposait à la mise en Å"uvre de l'accord du 13 août 2007 entre la majorité présidentielle et l'opposition, un accord devant aboutir à des élections libres et démocratiques l'année prochaine, en vue de la réconciliation nationale au Tchad.

On se rappel que la CPDC avait suspendu tout dialogue avec le pouvoir tchadien après l'attaque rebelle ratée de début février à N'Djamena, à l'issue de laquelle trois figures de proue de l'opposition avaient été arrêtées par les services de sécurité tchadiens.

Deux d'entre eux ont depuis lors retrouvé la liberté, mais Ibni Oumar Mahamat Saleh, le porte-parole de la Coordination et secrétaire général du parti pour les libertés et le développement (PLD), est resté introuvable depuis son enlèvement à son domicile à la fin des événements des 2 et 3 février dernier.

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Le moins que l'on puisse dire après la formation du nouveau gouvernement du Tchad est que les opposants qui se faisaient passer pour l'aile dure de l'opposition ont trahi en acceptant de partager la table du seigneur Deby, qu'ils vomissaient naguère.

Leur opposition à partir de ce moment ne peut qu'être perçue comme une opposition de façade, en trompe-l'Å"il ni plus ni moins. En sautant pieds joints dans l'équipe Abbas, le quatuor de ministres opposants signe sans le savoir peut-être sa mort politique alors qu'il aurait pu gagner plus en notoriété et en dignité en tenant mordicus à ses revendications politiques, ce qui, sans nul doute, renforcerait la démocratie au pays de François Tombalbaye. En attendant, leur crédibilité est atteinte et c'est peu dire.

En allant à la soupe, ils confirment qu'ils sont peu nombreux, ceux qui tiennent à leurs nobles principes. Ceux qui défendent bec et ongles leur position politique et qui sont prêts pour cela à faire parfois la prison. Les membres de l'opposition tchadienne, avant de faire route avec la nouvelle équipe gouvernementale, devaient exiger que la lumière soit faite sur la disparition du docteur Ibni Oumar Mahamat Saleh, que d'aucun donnent pour mort. C'eût été de bonne guerre !



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