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Ile Maurice: Les placements de fonds à l'étranger en question


L'Express (Port Louis)
 

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L'Express (Port Louis)

25 Avril 2008
Publié sur le web le 25 Avril 2008

Nico Panou
Port Louis

La politique de change de la BoM est compromise par les rentrées excessives de capitaux sur le marché européen. Placer des fonds en devises à l'extérieur à des fins de rémunération, pour limiter le flux des monnaies étrangères qui bouleverse le circuit monétaire. Cette option est actuellement suggérée aux opérateurs par les autorités monétaires. Cela dans le but de résoudre le problème controversé du taux de change de la roupie par rapport à certaines devises.

Les rentrées excessives de capitaux sur le marché mauricien, en effet, compromettent la politique de change pratiquée par la Banque de Maurice. Pour limiter l'appréciation extravagante de la roupie par rapport au dollar américain, la livre sterling ou l'euro, diverses options sont actuellement offertes aux importateurs aussi bien qu'aux exportateurs. Les autorités de la Banque centrale, estiment en effet, qu'une nouvelle approche, un changement dans les méthodes de gestion de trésorerie, s'imposent.

Concernant les exportations, les recettes en devises qu'elles génèrent subissent un considérable revers quand elles sont converties en monnaie locale. D'où les pertes de change substantielles dont les exportateurs sont victimes. Elles sont si élevées, dans la plupart des cas, qu'elles entament les profits réalisés dans ce secteur, mettant en péril, la survie des entreprises concernées.

Une panoplie d'actions ont été alors proposées, allant des techniques de gestion pro-active des portefeuilles de devises aux placements de fonds dans des pays étrangers.

Une meilleure gestion des portefeuilles de devises demande évidemment une forte implication des banques. Ces dernières pourraient offrir aux personnes détentrices de devises, des contrats à terme, une currency option ou les currency swaps.

Une option à considérer

Dans chacun des cas, l'opérateur se retrouve beaucoup plus à l'abri des fluctuations brusques de taux de change. Mais il faut noter que si ces instruments accordent une plus large marge de manoeuvre aux détenteurs de devises, ils ne constituent pas pour autant une solution au problème de stabilisation du marché de change. D'où l'idée d'encourager les entreprises à considérer l'option de placer des fonds à l'extérieur.

Le Monetary Policy Committee, à travers le gouverneur de la Banque centrale Rundheersing Bheenick, lors d'un point de presse il y a quelques semaines, disait déjà que «les institutions publiques, à l'image du Fonds national de pensions, la State investment corporation et autres Sovereign wealth funds équivalents, sont encouragées à considérer la diversification de leur portefeuille dans des foreign currency holdings à l'extérieur, dans un effort concerté de contenir l'excessive pression qui est exercée sur le taux de change de la roupie».

Mais placer ses fonds en dollars américains n'intéresse aucun opérateur à ce stade, compte tenu évidemment de la faiblesse du taux d'intérêt qui s'applique actuellement sur les placements en cette devise. A cela, il faut ajouter la volatilité, ces derniers mois, du dollar américain. Placer les fonds de pension à l'extérieur, comme l'a suggéré le Monetary Policy Committee, n'est pas vu d'un bon oeil par les observateurs.

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Ils estiment que ce n'est pas dans l'intérêt des bénéficiaires, que le National Pensions Fund convertisse en dollar américain, l'épargne de ces derniers, en vue d'un placement à l'extérieur. La raison est liée au fait que les fonds en question génèrent des intérêts beaucoup plus conséquents lorsqu'ils sont placés en roupies à Maurice.

Effectivement, l'écart de rendement entre le pays où le placement aura lieu et l'économie nationale est déterminant. L'écart entre les taux d'intérêt nominaux étant très grand dans certains cas. Second facteur de taille à prendre en considération, l'évolution supposée du taux de change, entre le moment où l'argent est investi à l'extérieur et celui où il sera rapatrié.

Selon certaines sources, présentement, la possibilité de placer des fonds en Nouvelle-Zélande est actuellement à l'étude. La monnaie de ce pays, le dollar néo-zélandais ayant établi une réputation de grande stabilité.



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