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Cameroun: Un fardeau !
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Le Messager (Douala)
éDITORIAL
25 Avril 2008
Publié sur le web le 25 Avril 2008
Matthieu Nathanaël Njog
La première journée mondiale du paludisme se célèbre ce vendredi 25 avril 2008. En prélude à cette célébration, le ministère de la Santé publique, à travers ses services déconcentrés, organise des activités de sensibilisation à la prévention et au traitement de la maladie depuis lundi 21 avril dernier. Dans les dix provinces du pays, la gravité de l'endémie a été mise en relief.
Au Cameroun, le paludisme constitue 60% des motifs de consultation dans les hôpitaux. Pour le Dr. Gertrude Mbita, chef d'unité provincile de lutte contre le paludisme dans le Littoral, « le paludisme reste la première cause de mortalité dans le monde en général et au Cameroun en particulier en raison d'un taux de morbidité moyen de 46%. C'est aussi la première cause d'arrêt maladie dans les entreprises avec environ 50 % des cas et absorbe 30 % des revenues des ménages ». Pas étonnant donc que le Dr. André Arsène Mbita, délégué provincial de la Santé publique dans le Littoral, affirme : « Le paludisme est un fardeau socio-économique pour la communauté de par les dépenses qu'il occasionne ».
Depuis janvier 2007, l'Etat camerounais subventionne deux antipaludiques (Falcomin et Coartem) afin de rendre les coûts accessibles. Leurs prix varient entre 140 Fcfa et 1000 Fcfa pour un traitement complet. Mais les populations ne ressentent pas véritablement cet apport dans la prise en charge de la maladie. Pour se faire soigner en effet, chaque patient s'acquitte d'abord d'un ticket de session dont le prix est officiellement fixé à 600 Fcfa. Puis il doit subir des examens et, dans certains cas, payer des frais d'hospitalisation.
Le diagnostic posé, le médecin ne prescrit pas toujours les médicaments subventionnés. « Il y a près de 50 médicaments sur le marché, fabriqués sur la base du principe des combinaisons agréées », indique un médecin. En conséquence, ce sont des médicaments promus par les délégués médicaux qui sont généralement prescrits. Ces médicaments coûtent entre 2.500 Fcfa et 6.000 Fcfa dans les pharmacies. Au finish, le traitement d'un paludisme simple tourne autour de 5.000 Fcfa.
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Pour les cas d'accès palustres, les médecins exigent « la goutte épaisse » pour être fixés et un diagnostic différentiel pour savoir le type de paludisme. Ces examens coûtent entre 1000 Fcfa et 2500 Fcfa selon les formations sanitaires. Si le patient présente un paludisme grave, il est interné pour trois jours au minimum. Ce qui coûte, dans un hôpital de district, 325 Fcfa par jour dans une salle commune de huit lits et 1000 Fcfa par jour dans une salle de niveau moyen.
Il va s'ensuivre l'administration d'un traitement à la quinine à partir de la perfusion. « Le prix de la perfusion dépend du contenu. Nous administrons deux perfusions par jour et l'Oms recommande même trois perfusions par jour », déclare le Dr Métchendje Noundui, en service à l'hôpital di district de New-Bell (Douala). Le coût d'une perfusion varie entre 3500 Fcfa et 7500 Fcfa.
En somme pour traiter un paludisme grave, il faut dépenser entre 22.600 Fcfa et 48.100 Fcfa à Douala. On est alors loin des slogans politiques du gouvernement qui a fait croire que l'on pouvait effectivement soigner un palu à 600 Fcfa ! Prenant le prétexte de cette première journée mondiale, Le Messager fait un arrêt : d'abord pour montrer l'écart entre le discours politique et la réalité du traitement du paludisme dans les hôpitaux, ensuite pour s'interroger sur le fossé entre les possibilités de prévention et de traitement existantes et l'avancée de la maladie au Cameroun, enfin pour présenter d'autres expérience dont on pourrait peut-être s'inspirer.
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