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Mauritanie: Vote de confiance pour le président Abdallahi, un an après son élection
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24 Avril 2008
Publié sur le web le 25 Avril 2008
Nouakchott
Premier président civil élu démocratiquement en Mauritanie depuis 47 ans, Sidi Mohamed Abdallahi Ould Cheikh a été investi dans ses fonctions le 19 avril 2007. Sa première année à la tête du pays a été marquée par des menaces terroristes et une conjoncture économique précaire, mais M. Abdallahi entend poursuivre son programme de réformes, ont indiqué des analystes à IRIN.
L'accession de M. Abdallahi à la présidence de la République a été rendue possible par l'action d'Ely Ould Mohamed Vall, l'ancien chef d'Etat militaire de la Mauritanie qui, à la faveur du coup d'Etat sans effusion de sang du 25 août 2005, avait renversé le président Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya, au pouvoir depuis 21 ans.
M. Vall s'était engagé à organiser un référendum sur des réformes constitutionnelles et à tenir des élections démocratiques en 2007, deux engagements tenus avant la fin de la période de transition et qui ont ouvert la voie à l'élection du président Abdallahi en mars 2007.
M. Abdallahi a poursuivi les efforts de M. Vall pour instaurer la démocratie en Mauritanie, selon des analystes, en autorisant notamment la création d'associations politiques et religieuses longtemps interdites sous le régime du président Taya.
« M. Abdallahi n'est pas un président populiste : il a fait des promesses raisonnables qu'il peut tenir », a affirmé Richard Reeve, un analyste indépendant de l'Afrique de l'Ouest.
D'importants partis politiques islamiques, tels que le Tawassoul et le Rassemblement national pour la réforme et le développement, sont rapidement devenus des partis bien établis.
« Le président a brisé un tabou vieux de 30 ans en autorisant la création de mon parti », a indiqué Jemil Ould Mansour, leader du Tawassoul.
« M. Abdallahi n'est pas un président populiste - il a fait des promesses raisonnables qu'il peut tenir »
Droits et réfugiés
Le président Abdallahi a également tenu un certain nombre de promesses faites à l'occasion de son premier discours présidentiel, le 29 juin 2007, pour mettre fin à l'esclavage qui persistait, malgré la loi de 1981 criminalisant cette pratique, et permettre le retour des réfugiés négro-mauritaniens expulsés de leur pays en 1989.
En août 2007, l'Assemblée nationale a voté une loi criminalisant l'esclavage et rendant la pratique passible d'une peine maximale de 10 années d'emprisonnement. Si cette loi a été très bien accueillie par les associations anti-esclavagistes, il reste à savoir comment elle sera appliquée.
« C'est une grande avancée », a confié à IRIN Biram ould Dah, un militant de l'association anti-esclavagiste SOS-Esclave, « même si la justice doit encore faire des progrès pour faire appliquer le texte ».
« L'esclavage est difficile à déceler : il continue de se pratiquer en cachette, mais depuis le vote de cette loi, nous avons déjà observé un début de stigmatisation autour de cette pratique », a confié à IRIN Mamadou Moctar Sarr, directeur du Forum des organisations nationales des droits humains en Mauritanie (FONDAH).
Des progrès ont également été enregistrés sur la question du retour des réfugiés. Le 29 janvier, une première vague de plusieurs milliers de réfugiés mauritaniens a commencé à être rapatriée avec l'aide du gouvernement et du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), 19 ans après avoir fui les violences intercommunautaires qui sévissaient dans leurs pays. La crainte concernant les difficultés de réinsertion des rapatriés dans les communautés mauritaniennes s'est révélée infondée.
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Réformes économiques
Dès le début de son mandat, le Président s'est aussi engagé à réduire la pauvreté en s'attaquant à la corruption, en relançant l'économie et en créant de nouveaux emplois. Mais selon la Banque mondiale, environ la moitié de la population mauritanienne vit encore dans la pauvreté.
C'est dans ce domaine que les progrès ont été plus limités, ont fait remarquer certains analystes.
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