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Algérie: Un palais de l'époque zianide complètement rasé à Tlemcen
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La Tribune (Algiers)
27 Avril 2008
Publié sur le web le 28 Avril 2008
Mohamed Medjahdi
Tlemcen
Un monument historique est démoli au moment où l'Algérie célèbre le patrimoine
Des sources fiables de la direction de wilaya de la culture soulignent que des correspondances ont été adressées aux responsables et au ministère de la Culture. Nos sources avancent également que la gendarmerie de Tlemcen a ouvert une enquête pour élucider cette affaire de destruction de patrimoine, d'autant que l'on sait que ce site était choisi pour être un musée. Ainsi, il apparaît que cette démolition est un crime prémédité et que les lois qui protègent le patrimoine ont sciemment été piétinées.
Lors de notre enquête, on apprendra que le terrain sur lequel se dressaient, il y a quelques jours, les structures de cet ancien palais avait été cédé à un privé pour la construction d'un parking à étages. Mais situé à moins de 20 mètres de ce prestigieux monument qu'est la citadelle, le projet avait reçu un avis défavorable de la Circonscription archéologique qui fera valoir la loi interdisant la construction de tout édifice à proximité d'un site patrimonial et/ou pouvant le cacher. Aussi, nombre d'observateurs s'interrogent-ils sur les complicités qui ont permis d'outrepasser la loi en autorisant la démolition de ce monument, portant ainsi atteinte au site d'El Mechouar. Des riverains ne cacheront pas leur inquiétude quant au devenir d'El Mechouar, car, diront-ils, si on a osé raser ce monument envers et contre toutes les lois, on peut aussi s'attaquer à la citadelle
Au moment où la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, s'évertue à répéter que l'Etat, à sa tête le Président en personne, accorde toute l'importance à la préservation du patrimoine culturel, sous toutes ses formes, les responsables et élus locaux se doivent de signaler toute découverte ou site nécessitant d'être sauvegardés et que son département est prêt à prendre en charge toutes les sollicitations. Au moment où le monde de la culture célèbre le mois du patrimoine, et où d'importantes activités culturelles sont programmées un peu partout pour l'occasion, Tlemcen a, elle, vécu un massacre : le palais Agha, situé derrière le Mechouar, dans sa partie est, a été complètement rasé. La démolition de ce monument historique a été décidée et entreprise sans un avis préalable ni autorisation. Le palais a été, dès l'indépendance, occupé par quelques familles avant d'être abandonné. Il sera livré à lui-même. Il fut saccagé et dégarni de ses matériaux que des vandales ont récupérés. Ce qui fut un palais a été laissé à l'abandon et est devenu une ruine avant qu'on lui porte le coup fatal, il y a à peine dix jours. Certains spécialistes affirment qu'on a refusé de l'inscrire pour qu'il soit classé, parce que la mafia du foncier avait déjà des visées dessus et avait l'intention de le démolir pour accaparer le terrain dans le but d'y inscrire un projet immobilier.
Le palais Mustapha, en dépit de sa position de proximité (servitudes) de la citadelle Mechouar, siège des rois zianides, qui a connu également des événements pénibles et douloureux après les années fastes du roi zianide Abou Hammou II, était également connu sous le nom de la caserne Mustapha car occupé par les troupes coloniales. Le palais ottoman sera par la suite transformé en hôpital, l'unique très probablement à Tlemcen à cette période. Interrogés, certains spécialistes avancent que le palais serait d'époque zianide, s'appuyant sur les diagnostics faits par des archéologues sur les matériaux des structures de ce monument, notamment le pisé, ce liant confectionné à base de terre et de chaux, semblable à celui utilisé dans la construction des remparts du Mechouar ou encore de Mansourah. Il fut ensuite reconverti en demeure d'un agha sous l'empire turc avant de devenir un hospice.
Des sources fiables de la direction de wilaya de la culture soulignent que des correspondances ont été adressées aux responsables et au ministère de la Culture. Nos sources avancent également que la gendarmerie de Tlemcen a ouvert une enquête pour élucider cette affaire de destruction de patrimoine, d'autant que l'on sait que ce site était choisi pour être un musée.
Ainsi, il apparaît que cette démolition est un crime prémédité et que les lois qui protègent le patrimoine ont sciemment été piétinées. Lors de notre enquête, on apprendra que le terrain sur lequel se dressaient, il y a quelques jours, les structures de cet ancien palais, avait été cédé à un privé pour la construction d'un parking à étages. Mais situé à moins de 20 mètres de ce prestigieux monument qu'est la citadelle, le projet avait reçu un avis défavorable de la «défunte» Circonscription archéologique (ANA) qui fera valoir la loi interdisant la construction de tout édifice à proximité d'un site patrimonial et pouvant le cacher. Aussi nombre d'observateurs s'interrogent-ils sur les complicités qui ont permis d'outrepasser la loi en autorisant la démolition de ce monument, portant ainsi atteinte au site d'El Mechouar. Des riverains ne cacheront pas leur inquiétude quant au devenir d'El Mechouar, car, diront-ils, si on a osé raser ce monument envers et contre toutes les lois, on peut aussi s'attaquer à la citadelle.
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Rappelons qu'il y a quelques mois, on s'est attaqué aux vestiges d'une ville antique à Honaine lors de travaux de terrassement pour la construction d'une infrastructure publique. A Tlemcen, des personnes inconscientes mettent à bas des monuments de grande valeur pour récupérer un bout de terrain. Pourtant, certains élus avaient, il y a quelque temps, soutenu que le patrimoine et le développement durable apparaissent aujourd'hui comme deux notions complémentaires, unanimement utilisées par les décideurs et responsables locaux. La nécessité de protéger et de transmettre le patrimoine, héritage culturel défini comme «bien commun», est aujourd'hui une idée largement répandue parmi les élus.
Tout responsable urbain, élu ou autre homme de culture, semble désormais persuadé qu'une ville qui valorise ses héritages architecturaux et urbanistiques se donne les moyens de mieux préparer son avenir. Or, le terrain offre une autre réalité amère, âcre, désolante et ce, à l'heure où le monde encourage le tourisme culturel. Le patrimoine peut être considéré comme une ressource non renouvelable, qu'il s'agirait de sauvegarder, d'économiser et de valoriser. La référence au patrimoine et sa nécessaire préservation et transmission seraient même devenues des modes de légitimation privilégiés de la durabilité à l'échelle planétaire, déclare-t-on, en précisant que le patrimoine est une ressource symbolique, étroitement liée à la question de la mémoire et de l'identité.
Mais également une ressource économique, sous l'angle notamment touristique.
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