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Sénégal: Lutte contre le paludisme en zones destructurees par le conflit arme
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Sud Quotidien (Dakar)
26 Avril 2008
Publié sur le web le 28 Avril 2008
Moussa Dramé
Les vrais défis de la stratégie à base communautaire
Entre 1994 et 2001, la situation sanitaire des régions de Kolas et Ziguinchor s'était considérablement dégradée en raison du conflit armé qui prévalait dans cette partie Sud du pays. Les zones non loin de la frontière avec la République de Guinée-Bissau étaient plus fragiles et sujettes à une très grande mobilité des populations à la recherche du mieux être. L'emprunt du chemin retour n'a été effectif qu'à partir de Mai 2002 dans la zone du Bagna Cauda Brassou, à un mois seulement de la saison des pluies. Leurs habitats étaient insalubres et l'environnement propice à l'épanouissement du paludisme qui a tué par endroit bien plus que la guerre elle-même. La stratégie à base communautaire développée par l'ONG Enfance et Paix, ses partenaires de même que les rares services étatiques d'alors en activité dans la zone feront chuter la maladie.
La mise en place de la stratégie à base communautaire découle du contexte d'insécurité qui a prévalu dans la région naturelle de Casamance et qui a entraîné un déplacement massif des populations des villages frontaliers avec la Guinée-Bissau vers les chefs lieu des communautés rurales ou d'autres endroits loin de la frontière jugés plus cléments.
Ce mouvement de populations est à l'origine de la situation sanitaire difficile caractérisée par des cas de mortalité élevée due au paludisme surtout chez les enfants et les femmes enceintes. Les maladies sexuellement transmissibles se sont propagées également.
Cette situation de conflit armé nourrissait la crainte des infirmiers chefs de postes d'aller faire des services au delà de leur poste de santé : « Nous ne descendrons pas du goudron » aimaient-ils à dire à qui voulez les entendre tout en relevant la forte propension à se faire tuer ou de sauter sur une mine ; à juste raison ? C'est ainsi que les zones de l'intérieur allaient être délaissées au profit des sites proches des principaux axes routiers.
Ceci étant, la stratégie SBC sera mise en place grâce au partenariat entre l'ONG Enfance et Paix, le District Sanitaire de Sédhiou et la coopération Allemande à travers le Projet FANKANTA ( se prémunir en mandingue) en 2002.
Les vertus d'une approche communautaire de lutte Cette stratégie à base communautaire a le mérite de permettre aux populations de disposer d'un système communautaire autogéré de prise en charge de leurs problèmes de santé. Ce qui, par ricochet, résout la lancinante question de l'enclavement de la région.
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Dans le cadre de la santé elle intègre les principes de la politique des soins de santé primaires qui sont « des soins primaires accessibles, socialement et culturellement acceptés par les populations », fait-on remarquer dans les milieux de la santé. L'approche est d'assurer l'accessibilité et la permanence de l'information sanitaire surtout concernant le paludisme qui est la première cause de mortalité et de morbidité dans la zone. L'amélioration de l'état nutritionnel des groupes vulnérables venait également en appoint de leurs stratégies.
« Ceci permet non seulement d'atteindre les populations les plus reculées mais aussi de les amener à s'impliquer davantage dans la résolution de leur problème de santé. Enfance et Paix et FANKANTA ont introduit pour la première fois la stratégie dans la région médicale de Kolda notamment dans les zones affectées par le conflit en Casamance et aujourd'hui les résultats sont bien concluants à tous points de vue. La stratégie a été mise en à "uvre d'abord dans trois zones du département de Sédhiou : Zone 1 : Tanaff / Simbandi Brassou ; Zone 2 : Samine et Zone 3 : Diattacounda / Goudomp/ Simbandi Balante. Toutes ces localités ont été profondément affectées par le conflit armé alors que les habitants de ces zones avaient longtemps souffert de la guerre de libération du P.A.I.G.C. en Guinée voisine » a déclaré Mamadou Lamine Sadio, le coordonnateur régional de l'ONG Enfance et Paix à Kolda.
Cette structure intervenait déjà dans ces zones et avait décroché ses lettres de noblesse dans la gestion des cases de santé pour encourager la dynamique de retour et la consolidation de la paix au point de jouir à nouveau de la confiance de « Fankanta » : « Cela s'est traduit par la signature d'un protocole d'accord entre les deux structures et un maillage plus tard de 12 Communauté rurales sur les 20 que compte le département de Sédhiou, par le ProCas/SécuAli ( Programme Casamance pour la sécurité alimentaire) et dont l'objectif est d'effectuer des services de santé a ajouté M. Sadio. Les performances enregistrées : Ce programme a permis la formation de 140 Agents de Santé Base Communautaire (ASBC) répartis dans 16 postes de santé de 12 communautés rurales du département. D'après le récent document de synthèse de l'ONG Enfance et Paix, « la stratégie touche ainsi 247 villages pour une population de 107.212 habitants dans les domaines suivants de connaissances techniques de certaines maladies pour leur prise-en-charge au niveau communautaire.
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