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Ghana: Pas de solution claire contre la crise alimentaire à la 12è CNUCED


Inter Press Service (Johannesburg)
 

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Inter Press Service (Johannesburg)

26 Avril 2008
Publié sur le web le 28 Avril 2008

Noël Kokou Tadégnon

Plusieurs propositions ont été débattues à la 12ème Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), à Accra au Ghana, pour affronter la crise alimentaire qui frappe notamment les pays en développement, mais aucune mesure concrète n'a été décidée.

"Nous sommes restés sur notre faim", a confié à IPS, Achille Dasiléke, membre du secrétariat du groupe Afrique Caraïbes et du Pacifique. Il a déploré le fait que les résolutions finales de la conférence n'aient pas été explicites par rapport à la crise alimentaire actuelle.

La conférence a pris fin vendredi après avoir adopté une déclaration qui dit en substance : "Nous réaffirmons notre intention de redoubler d'efforts pour combattre la pauvreté et la faim et nous nous engageons à prendre immédiatement des dispositions pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale".

La déclaration ajoute : "Nous prendrons toutes les mesures voulues pour répondre aux besoins humanitaires urgents dans les pays en développement, notamment dans les pays les moins avancés et en Afrique".

Dasiléke rappelle que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait lancé, à l'ouverture de la conférence, l'idée de la mise sur pied d'un comité spécial d'experts et la possibilité de convoquer une conférence internationale qui se pencherait sur les questions relatives à la sécurité alimentaire. Mais, a-t-il affirmé, le sujet n'a pas été approfondi durant les travaux.

Le comité spécial d'experts doit rechercher et proposer des solutions durables pour faire face à la crise alimentaire, selon la conférence.

"Nous pensons que ces résolutions sont juste annoncées pour apaiser nos populations alors qu'en réalité, des solutions pratiques et concrètes ne seront pas mises en oeuvre", a regretté, pour sa part Maurice Fangnon, du Centre pour la défense des droits de l'Homme et de la démocratique en Afrique, une organisation non gouvernementale (ONG) basée au Nigeria.

Le secrétaire général de l'ONU s'est inquiété des graves conséquences qui pourraient découler de la crise alimentaire. "Si la crise actuelle n'est pas traitée correctement, elle pourrait déclencher une cascade d'autres crises multiples", a déclaré Ban. "Je suis troublé par les émeutes alimentaires, ici en Afrique et ailleurs dans le monde".

Selon Ban, il est temps pour les nations les plus riches de repenser leurs programmes démodés de subventions agricoles car, a-t-il ajouté, elles pénalisent de façon disproportionnée les pays pauvres et contribuent à la situation actuelle. "La hausse des prix des denrées alimentaires d'aujourd'hui présente une opportunité unique pour réduire les subventions et les tarifs douaniers sur les produits agricoles", a-t-il dit.

Le président du Brésil, Luiz Ignacio Lula da Silva, a demandé également aux pays riches de supprimer leurs subventions agricoles. "Ces subventions massives fonctionnent comme une drogue sur leurs propres producteurs, et les principales victimes en sont les agriculteurs des pays les plus pauvres", a-t-il indiqué.

Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, affirme qu'il existe des approches de solutions à chacune des causes de la crise alimentaire. Selon lui, il faut continuer à se battre pour que la partie des subventions, qui perturbe et distorde les échanges, soit éliminée.

"Ils (les dirigeants du monde) prononcent toujours de grands discours qui généralement ne sont pas mis en pratique et nous pensons qu'il faut des pressions de part et d'autre pour que tout ce qui est raconté devienne une réalité", a souligné Fangnon.

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Son avis est partagé par Cheikh Mouhamady Cissoko, président du Réseau des organisations paysannes et des producteurs d'Afrique, qui a suggéré que les Africains mettent la pression sur les autorités politiques de leurs pays respectifs afin qu'elles accordent plus d'attention et de soutien à l'agriculture, car, a-t-il dit, la solution à la crise ne viendra pas d'ailleurs.

Cissoko a déploré que dans des pays africains où 40 pour cent du produit intérieur brut proviennent de l'agriculture, les gouvernements ne puissent pas mettre de côté 10 à 15 pour cent du budget national pour soutenir les paysans.

Myriam Vander Stichele, du 'Centre for Research on Multinational Corporations', une ONG basée aux Pays-Bas, estime de son coté que c'est le manque de soutien aux agriculteurs qui a été à l'origine de la crise alimentaire. "Ceci est un exemple de la nécessaire réévaluation du type d'investissement à réaliser à l'avenir dans les pays en développement", a-t-elle dit.

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