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Tunisie: Recherche scientifique - Mieux servir l'innovation


La Presse (Tunis)
 

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La Presse (Tunis)

28 Avril 2008
Publié sur le web le 28 Avril 2008

Anis Souadi

L'innovation économique est désormais une option irréversible. Une obligation même pour toute économie ambitieuse désireuse d'améliorer son niveau de compétitivité, de se mesurer aux économies concurrentes, améliorer son positionnement à l'international, et acquérir ainsi de nouvelles parts de marché.

Certes, la Tunisie a réussi à franchir des pas importants en termes de compétitivité économique, ce qui lui a permis d'élargir sa capacité de résistance, mais cela reste insuffisant et il faut chercher à aller encore plus loin.

Il est vrai qu'aujourd'hui, on parle plutôt en termes de technologie, d'innovation industrielle, d'économie immatérielle. Des concepts nouveaux mais incontournables.

Reste que ces nouveaux concepts reposent sur la dynamisation des programmes de recherche et développement.

Cela est d'autant plus vrai que les expériences des pays avancés ont démontré clairement que la consolidation de la recherche scientifique et le développement permettent à l'entreprise d'être proactive, capable de créer toujours plus de plus-value.

Mieux encore, le mérite de toute action de recherche et développement, c'est qu'elle permet à l'entreprise d'avoir une production à la carte, conformément aux besoins réels des clients. Ce qui signifie que l'entreprise devient capable de s'adapter parfaitement aux exigences des différents marchés.

En plus clair, l'on peut dire que la recherche scientifique aide l'unité de production d'être innovante, ce qui lui permet de se démarquer totalement de la concurrence en maîtrisant mais aussi en s'alignant aux nouvelles donnes et autres tendances internationales.

D'ailleurs, en recevant mardi dernier le Premier ministre, le Chef de l'Etat a donné sa pleine mesure à cette question en recommandant surtout de dynamiser encore plus les programmes de recherche, notamment dans les secteurs prioritaires.

Il faut reconnaître que la Tunisie a toujours cherché à bien soutenir les programmes de recherche et développement et à mieux servir l'innovation industrielle. L'augmentation de la part de la recherche et développement du budget de l'Etat, le lancement de multiples programmes d'appui, tels que celui de la mise à niveau ou de la modernisation industrielle, ou encore le renforcement des incitations financières, comme la mobilisation d'une prime d'investissement de 5à20% pour les activités prometteuses confortent nettement cette tendance.

Toutefois, ce qui illustre réellement l'orientation totale de la Tunisie vers la recherche et le développement mais aussi et surtout l'innovation, c'est l'option depuis quelques années déjà vers les pôles de compétitivité.

L'avantage de ces nouveaux espaces économiques, c'est qu'ils incarnent une nouvelle stratégie industrielle en mesure de retenir tous les facteurs de la compétitivité. Ce qui est important, c'est que ces espaces sont totalement ouverts à l'ensemble des secteurs.

En d'autres termes, les pôles contribuent à la mise en place d'une économie de réseaux.

C'est ainsi d'ailleurs qu'on a assisté au lancement, en 2006, du pôle de compétitivité agroalimentaire de Bizerte. Cet espace avait pour objectif essentiel de valoriser la production à travers la recherche, la formation et l'innovation.

L'on a assisté également au lancement, presque durant la même période du pôle de compétitivité textile de Monastir-Al fajja, qui procède également du souci de disposer d'une industrie innovante et hautement concurrentielle, en associant aux domaines de production, la veille stratégique, la création, la formation, la recherche et développement et le marketing.

Au terme de 2009, la Tunisie table sur la création de 10 pôles sectoriels ce qui ne manquerait pas de créer une réelle dynamique économique.

Mais il ne suffit pas de multiplier les pôles de compétitivité; encore faut-il leur en assurer le financement adéquat.

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Justement, si les pôles sont bien dotés de financements publics, il leur manque encore le soutien des bailleurs privés.

Il faut trouver donc la formule idéale pour mobiliser les investisseurs privés.

Cette question est plutôt primordiale, car la difficulté de l'accès au financement ne favorise pas l'efficacité des pôles et fragilise leur développement. Ce qui fait, qu'à terme, elle serait un handicap de taille pour la «liberté d'innover» et de créer.



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