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Liberia: La hausse des prix, un risque de conflit - gouvernement
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UN Integrated Regional Information Networks
28 Avril 2008
Publié sur le web le 28 Avril 2008
Monrovia
L'envolée du prix du riz, en 1979, avait contribué à plonger le Liberia dans le chaos, provoquant des émeutes et une crise politique qui avait abouti au coup d'Etat à l'origine de l'arrivée au pouvoir de Samuel Doe.
Aujourd'hui, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, le Liberia compte de nouveau parmi 37 pays confrontés à une crise de la faim, causée par la hausse du prix des denrées alimentaires.
« Vu nos antécédents en matière de conflits, si nous voulons assurer la stabilité et la consolidation de la paix dans le pays, il faut que le riz soit disponible et accessible, et ce à un prix abordable », a déclaré Chris Toe, ministre de l'Agriculture.
Selon M. Toe, développer la riziculture à des fins commerciales permettrait d'empêcher que des milliers de Libériens ne soient plongés dans une pauvreté plus abjecte encore, due à l'envolée du coût de la vie.
Ã- l'heure actuelle, le Liberia importe 90 pour cent de son riz (l'aliment de base de ses quelque 3,5 millions d'habitants) d'Asie et des Etats-Unis, bien que le pays possède des hautes terres et des basses terres fertiles et idéales pour la riziculture.
Pour éviter le scénario catastrophe, le gouvernement a indiqué qu'il avait alloué 15 000 hectares de terre à la riziculture commerciale dans le cadre d'un accord de 30 millions de dollars, destiné à dynamiser la production agroalimentaire locale et à réduire les coûts d'importation de plus en plus élevés à mesure que les prix des vivres montent en flèche dans le monde.
« D'après nos statistiques, [nous disposons] de vastes basses terres, sans doute d'une superficie de plus de 600 000 à 700 000 hectares. Et quatre pour cent seulement de cette superficie est irriguée à l'heure actuelle. La majorité des terres croupissent là, sans que rien n'en soit fait », a indiqué M. Toe.
Le gouvernement a déclaré qu'il avait conclu un accord avec African Development Aid (ADA), une organisation humanitaire financée par la Suisse, en vue de lancer la première initiative de dynamisation à grande échelle du secteur agricole national, depuis la fin de la guerre civile au Liberia.
L'accord conclu avec ADA devrait être finalisé au cours des prochaines semaines, selon M. Toe. En vertu de cet accord, environ 75 000 tonnes de riz seront produites d'ici cinq ans. La majorité de cette production sera vendue aux consommateurs libériens.
M. Toe a souligné que cela ne permettrait pas, toutefois, de satisfaire l'ensemble des besoins alimentaires de la population libérienne. La population, estimée à 3,5 millions d'habitants, consomme en effet 500 000 tonnes de riz par an.
La grande majorité du riz produit actuellement au Liberia est consommée par les petits exploitants. C'est pourquoi, selon les organisations humanitaires, à mesure que la crise alimentaire s'aggrave, les populations locales des régions rurales ont de plus en plus besoin d'avoir accès à des réserves de semences et d'être équipées de rizeries.
« Le riz est un aliment de base. Or, les populations locales sont menacées [par la crise alimentaire] parce que le riz importé est vendu à des prix quasi inabordables. [C'est pourquoi] nous sommes en train d'installer des rizeries dans les communautés rurales, à qui nous fournissons des réserves de semences. Mais ce type de projets produit très peu de riz ; pas même assez pour nourrir une famille pendant deux mois », a indiqué Peter Kiura, coordinateur de développement communautaire pour l'American Refugee Committee (ARC).
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M. Kiura a également expliqué que la plupart des petits paysans cultivaient du riz dans les hautes terres libériennes.
L'accord financé par la Suisse prévoit aussi la création de rizières dans les régions marécageuses situées à basse altitude. Le ministère de l'Agriculture a désigné deux sites, dans les comtés de Lofa et de Nimba, qui seront consacrés à la riziculture.
La production ne devrait toutefois pas démarrer avant la fin de la saison des pluies, en octobre. En attendant, le gouvernement a annoncé qu'il s'attacherait à juguler la crise alimentaire croissante en assurant l'accès aux importations commerciales et en sollicitant une aide alimentaire auprès de la communauté internationale.
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