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Cameroun: L'activité d'importation au ralenti
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Le Messager (Douala)
29 Avril 2008
Publié sur le web le 29 Avril 2008
Léopold Chendjou
L'on est passé de plus de 450 conteneurs sortis par mois avant 2005 à 150 conteneurs seulement actuellement. Les transitaires accusent le concessionnaire d'incapacité à gérer cet espace portuaire. Les consommateurs paient le prix.
Depuis le 17 avril dernier, un communiqué de presse co-signé des directeurs généraux du Port autonome de Douala (Pad) et de la Douala international terminal (Dit) réglemente l'accès des camions au terminal à conteneur. L'objectif visé est d'accélérer les procédures de chargement des conteneurs dans l'enceinte portuaire. Sous cette mesure apparemment salutaire, couve un réel malaise. Ce malaise est né des difficultés que rencontrent les transitaires à faire sortir les conteneurs au niveau du terminal à conteneur.
La Dit, entité qui gère depuis 2005 ce terminal est indexée. Il y a quelques jours, les principaux acteurs de la place maritime ont engagé un mouvement d'humeur pour manifester leur ras-le-bol. « N'en pouvant plus, nous avons décidé d'arrêter nos activités. Poussés par la direction générale du Pad, les responsables de Dit ont accepté de prendre certaines décisions en vue de nous faciliter la tâche pour la sortie de nos conteneurs », explique un transitaire.
Une éternité au parc à conteneur
L'expérience de M.T, transitaire, permet de mieux comprendre la colère de ces intervenants dans la chaîne de dédouanement. « J'ai mis moins de quarante huit heures pour accomplir toutes les formalités de dédouanement de mon conteneur au niveau du guichet unique et de la Sgs. J'ai aussi payé tous les frais y afférent. Passées toutes ces barrières, je me suis retrouvé confronté à de réelles difficultés au moment de remplir les formalités de sortie de marchandises au niveau du parc à conteneurs. De nombreuses raisons ont été avancées pour que je ne puisse pas entrer en possession de mon conteneur.» Finalement, c'est après deux jours de démarches, ponctués de « négociations » avec certains agents du Dit, que son conteneur a été chargé sur un camion.
De nombreux transitaires ont vécu la même expérience. Ils sont contraints de mettre entre deux et trois jours supplémentaires pour enfin sortir leurs marchandises du parc. Une situation qu'ils trouvent inconcevable, surtout que la procédure au niveau du terminal à conteneur ne devrait pas excéder deux ou trois heures de temps. « C'est la dernière phase, la phase la plus facile, surtout qu'il est juste question de présenter tous les documents payés au niveau du Guichet unique ou de la Sgs pour sortir son conteneur. On ne comprend pas pourquoi les choses retardent au niveau de Dit »
Equipements nécessaires
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En réalité, les transitaires accusent la Dit de ne pas disposer d'équipements nécessaires pour satisfaire la forte demande des importateurs. Selon Ernest Essamé, le président du Gefmcam, un syndicat des transitaires, « le manque d'engins appropriés pour permettre aux transitaires de sortir leurs conteneurs les contraint à perdre beaucoup de temps » Le problème est donc celui de la disponibilité des équipements, challengers et autres grues pour décharger les bateaux, classer les conteneurs dans le parc, et les recharger sur les camions. Un inspecteur des douanes en service au secteur des douanes du littoral I explique : « Le trafic conteneurisé au port de Douala est en nette augmentation depuis 2005. Et à l'observation, Dit n'a pas réalisé des investissements conséquents pour suivre la tendance haussière des importations. Voilà le vrai problème »
A la direction générale de Dit, l'on rejette en bloc les accusations des transitaires. Une source proche de la direction de cette entreprise affirme en effet que les récriminations ne sont que le fait « d'une poignée d'agitateurs » qui veulent remettre en cause la concession octroyée à la Dit en 2005. « Nous sortons plus de conteneurs aujourd'hui que ne le faisait Its (entité en charge de la gestion du terminal à conteneur avant 2005). La qualité du service s'est aussi améliorée. C'est vrai qu'il y a de petites difficultés liées à la logistique, mais ce sont des problèmes conjoncturels », explique notre source.
L'immobilisation d'un conteneur au parc à conteneur représente des dépenses supplémentaires pour l'importateur. Illustration. « Vous prenez un camion à 100 000 Fcfa la journée, vous payez des tarifs en sus à 21000 Fcfa après 11 jours, vous donnez 10 000 Fcfa à un agent de Dit pour qu'il enregistre le numéro d'ordre du conteneur. Vous remettez 5000 Fcfa aux gendarmes à la barrière. Cela fait au moins 150 000 FCFA de dépenses supplémentaires. Et l'importateur sera obligé de répercuter cela sur le consommateur final », explique un transitaire. Des surcoûts qui sont ressentis sur le prix du riz, farine, sucre et de bien d'autres produits importés.
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