|
|
Burkina Faso: Forums SOFITEX - Prix des intrants toujours élevés pour les producteurs
![]() |
||||||||||
|
||||||||||
Sidwaya (Ouagadougou)
29 Avril 2008
Publié sur le web le 29 Avril 2008
Frédéric Ouedraogo
Partout, les équipes de la SOFITEX ont su garder leur sang froid pour éviter les dérapages lors des forums.
Après les régions cotonnières de Banfora et Bobo-Dioulasso, les équipes de la SOFITEX ont continué leur périple dans les régions de Dédougou, Houndé et N'Dorola. Les débats ont été houleux dans ces localités, mais les responsables de la SOFITEX, comme de coutume, ont su dialoguer avec les producteurs et les ramener à de meilleurs sentiments.
Les producteurs restent insatisfaits quant aux prix du coton et des intrants.
A Bondoukuy le 22 avril, le chef de la région cotonnière de Dédougou, Francis Kologo a apporté la bonne nouvelle, à savoir les 10 F CFA de ristourne additionnelle pour la campagne 2007/2008, le maintien du prix des intrants et une ristourne additionnelle minimale de 15 FCFA en 2008/2009 si la production de la zone SOFITEX atteint 600 000 tonnes. En plus, il a annoncé la mise en service de l'usine de Bondoukuy pour la campagne à venir. Actuellement en construction, elle aura une capacité d'égrenage de 45 000 tonnes par an, selon le chef d'usine, Abdoulaye Démé. C'est pour récompenser les efforts des cotonculteurs de cette zone qui, malgré les difficultés rencontrées au cours de la campagne écoulée, ont pu produire 8 849 tonnes de coton. Ils comptent atteindre 10 810 tonnes l'année prochaine. M. Kologo les a donc informés de la possibilité de formuler des demandes complémentaires d'intrants et de semences, en insistant sur l'utilisation de la fumure organique pour de meilleurs rendements à l'hectare. Les producteurs souhaitent une vulgarisation plus rapide du coton transgénique dont le rendement à l'hectare avoisine 1,3 tonne dans la zone. Il a également été fait cas du retard de paiement car " 33GPC sur 125 n'ont pas encore été payés à la date d'aujourd'hui (ndlr : le 22 avril) ".
Le transporteur décrié à Wakuy
Wakuy dans le département de Béréba (région cotonnière de Houndé), à l'instar des autres localités, a vu sa production chuter de 3000 tonnes à 1900 tonnes l'année dernière. Les producteurs sont donc quelque peu amers, surtout que les aléas climatiques n'ont pas été les seules difficultés rencontrées. Ils ont exposé leurs problèmes à l'équipe de la SOFITEX qui les a rencontrés le 23 avril 2008. A l'inspecteur général de la SOFITEX, Hado Zoungrana (chef de mission) et à ses collègues, les producteurs ont soutenu que les forums n'ont pas leur raison d'être, vu que la SOFITEX ne vient que pour imposer les décisions déjà prises. Ils ont aussi posé le problème des conditionneurs qui, selon eux, sont passés maîtres dans la corruption. " Nous en avons assez de payer pour que notre coton qui est de 1er choix, soit vraiment classé 1er ", ont-ils clamé. Le prestataire de la SOFITEX pour l'évacuation du coton UTA, est aussi vomi par les producteurs. Selon eux, les chauffeurs de UTA, ramassent le coton quand et où ils veulent, sans tenir compte des contraintes des paysans. Les cotonculteurs de Wakuy ne sont pas pour les payements groupés : " Nous n'avons pas les mêmes problèmes et nous ne récoltons pas au même moment. Alors de grâce, quand vous enlevez le coton d'un GPC, faites tout pour le payer sans attendre les autres GPC qui n'ont pas encore fini leur travail ". En réponse, M. Zoungrana a invité les producteurs de Wakuy à désormais dénoncer les conditionneurs qui poseront des actes répréhensibles afin qu'ils puissent être punis. Quant aux transporteurs UTA, il a affirmé que : " s'il le faut, nous nous séparerons d'eux, mais soyez rassurés que des dispositions seront prises pour vous éviter d'autres tracas ".
Après avoir discuté avec l'équipe de la SOFITEX, les producteurs se sont dit certaines variétés entre cotonculteurs. Il s'agit notamment des producteurs " nomades " qui vont d'un GPC à un autre en trainant derrière eux des dettes. " Cela tue nos GPC et il faut qu'on mette un frein à cette situation si nous voulons bien produire ", a lancé un producteur. Ils ont également dénoncé le comportement de certains d'entre eux qui commandent plus d'intrants qu'il n'en faut, pour ensuite les revendre afin de "célébrer des mariages et organiser des fêtes ". Le manque de communication entre l'UNPCB et les producteurs a aussi été dénoncé. Enfin, des producteurs ont exhorté leurs camarades à se mettre au sérieux pour qu'ils puissent ensemble relever le défi des 600 000 tonnes lancé par la SOFITEX. Les prix des intrants et du kilogramme de coton 1er et 2è choix annoncés n'ont pas semblé enchanter les producteurs qui ont trouvé que la SOFITEX peut mieux faire.
Le forum de Founzan (région cotonnière de Houndé) était dirigé, le 24 avril par l'inspecteur Saïdou Dicko. Le nouveau chef de région, Lassana Kargougou a invité les producteurs à saisir l'occasion de l'embellie des cours mondiaux du coton pour se faire de l'argent. Il les a encouragés à chercher à tripler la production cotonnière de la région de Houndé (60 000 tonnes) en 2007/2008. Les prix du coton et des intrants n'ont pas véritablement satisfait les producteurs de Founzan qui ont affirmé que : " C'est bon, mais ce n'est pas arrivé ". L'un d'eux a même lancé ce défi à l'équipe de la SOFITEX : " Fixez le prix du coton à 225 F CFA et vous verrez ce dont nous sommes capables ". Ils estiment en plus, que l'Etat peut user encore de ses prérogatives pour faire baisser davantage le prix des intrants, en jouant notamment sur les taxes.
Des producteurs criblés de dettes à Niamberla
A Niamberla dans le département de Morlaba (région cotonnière de N'Dorola), la situation n'est pas meilleure : baisse des rendements et de nombreux impayés. Aussi, ils étaient assez aigres au forum, le 25 avril dernier. Ils sont même allés jusqu'à faire des comparaisons avec les prix fixés dans un pays voisin et qui sont de 200 F CFA pour le 1er choix et 175 F CFA pour le 2è choix. Les producteurs ont ajouté que le prix des intrants est moins élevé dans ce pays qu'au Burkina. Par conséquent, ils ont demandé à la SOFITEX de revoir à la hausse le prix du coton et à la baisse celui des intrants. Ici aussi, on a reclamé les semences de coton transgénique pour cette campagne. Le chef de mission de la SOFITEX, Paulin Roamba et le chef de région de N'Dorola, Abdramane Thiombiano ont répondu que la SOFITEX préfère fixer des prix qu'elle peut payer plutôt que de faire de fausses promesses. En ce qui concerne le coton transgénique, selon les responsables de la SOFITEX, sa culture sera peu à peu vulgarisée. Pour la présente campagne, 15 000 hectares seront emblavés dans les différentes régions cotonnières.
La région de Niamberla a produit 38 400 tonnes de coton contre 70 000 tonnes l'année passée.
|
C'est dans un contexte quelque peu tendu que les producteurs de Kounséni (région cotonnière de N'Dorola) dans le Kénédougou ont accueilli leurs interlocuteurs de la SOFITEX, le 26 avril. Ils n'ont pas encore encaissé l'argent du coton et cela se ressentait dans leurs propos. Les " mea culpa " du chef de mission, Aboubacar Seye, assez diplomate d'ailleurs, les ont juste tempérés. Ils n'avaient pas intérêt à tirer trop sur cette corde puisque la production de cette zone est passée de 900 tonnes (2006/2007) à 300 tonnes de coton graine la campagne écoulée. Le président de l'Union provinciale des producteurs de coton du Kénédougou, Sogotéré Jean-Pierre Traoré leur a prodigué de nombreux conseils pour de meilleurs rendements en coton. Il a été appuyé par Karim Traoré, un producteur de coton de Ouarkoye (région cotonnière de Dédougou), de passage à Kounséni le jour de ce forum. " J'ai pu faire 2 tonnes à l'hectare et si vous le voulez, vous pouvez également le faire ", a-t-il dit à ses collègues producteurs de coton.
| |||||||||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Copyright © 2008 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici. | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Faites d'allAfrica.com votre page d'accueil | Fils RSS | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Début de page | Plan du Site | Qui Nous Sommes | Publicité | Recherche | Abonnement | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
| Un commentaire? Remplissez le formulaire. Données Personnelles . | |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
|
| |||||||||||||||||||||||||||||
![]() Les plus actifs du jour
|