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Algérie: Altercation algéro-marocaine sur le Sahara occidental au Maroc


La Tribune (Algiers)
 

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La Tribune (Algiers)

28 Avril 2008
Publié sur le web le 29 Avril 2008

Ghada Hamrouche

Décidément le problème sahraoui finira toujours par gâcher toutes les rencontres maghrébines. Laissant de côté tous les différends qui pouvaient l'empêcher de prendre part au 50e anniversaire de la conférence des partis maghrébins à Tanger, le chef du gouvernement et secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz Belkhadem, a vite compris que l'ombre du conflit planait sur la rencontre.

Il ne fallait pas attendre longtemps avant que le ministre d'Etat marocain et dirigeant socialiste, Mohamed El Yazghi, passe à l'offensive pour appeler le président algérien à s'aligner sur la position marocaine pour sortir le dossier sahraoui de l'impasse. Intervenant au cours d'une réunion publique réunissant des responsables des partis politiques au pouvoir dans les cinq pays maghrébins, le ministre marocain a, dans son discours, «appelé les dirigeants maghrébins, particulièrement le président algérien Abdelaziz Bouteflika, à soutenir le projet marocain pour sortir le dossier du Sahara de l'impasse». Une attaque frontale qui ne pouvait laisser de marbre le chef du gouvernement algérien. Sans aucune tergiversation, M. Belkhadem soutiendra que la position de l'Algérie n'a jamais bougé d'un iota. Le pays qui a payé très cher son indépendance ne peut que soutenir le droit des peuples à l'autodétermination. «L'Algérie a toujours défendu depuis son indépendance les causes justes et les mouvements de libération nationale, au Mozambique, en Angola et même dans son voisinage», a-t-il lancé pour réaffirmer la position algérienne quant au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Une position de principe dont l'Algérie ne saurait se départir. «Voulez-vous que l'Algérie renonce à ses principes ? Mon pays fait face à des accusations», a-t-il ajouté. Des assertions qui lui valent le chahut d'une salle totalement acquise aux positions du palais royal. Ce qui n'empêchera pas le chef du gouvernement de poursuivre sa plaidoirie pour trouver des solutions durables aptes à lever les obstacles qui se dressent devant la redynamisation de l'UMA. M. Belkhadem, qui a pris part dimanche à la rencontre des partis des pays de l'Union du Maghreb arabe (UMA), invités par les partis Istiqlal et USFP marocains à participer aux festivités célébrant le cinquantenaire de la conférence de Tanger, a appelé les partis frères des pays du Maghreb à «développer la culture de la concertation afin que l'espace maghrébin ne reste plus seulement une réalité géographique». «La conférence de Tanger, en tant qu'événement important dans notre histoire commune, doit nous inspirer pour réaliser les aspirations séculaires de nos peuples à l'unité, et pour réaliser un avenir de paix et de prospérité dans la région», a-t-il ajouté. Il ne manquera pas de conclure son intervention par : «L'histoire dira qui est le responsable du blocage.»

Jouant au modérateur, le Premier ministre marocain, Abbas El Fassi, a été contraint d'intervenir pour calmer les esprits et demander à la salle de respecter «l'intervention de M. Belkhadem». Il affirmera de son côté que «la question du Sahara est sacrée au Maroc». «On ne va pas la résoudre dans cette salle, mais avec justice, objectivité et calme», a-t-il ajouté.

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Pour rappel, l'organisation maghrébine, créée en 1989 à Marrakech, regroupe la Libye, la Tunisie, l'Algérie, le Maroc et la Mauritanie. Elle est frappée de léthargie depuis 1994, date de son dernier sommet régional, en raison de différends politiques entre l'Algérie et le Maroc sur le conflit du Sahara occidental.

Les participants à la rencontre ont néanmoins rédigé un communiqué commun où ils s'engagent à se réunir à Tripoli en 2009 et «d'intensifier leur coordination sur toutes les affaires intéressant le Maghreb arabe». Le texte souligne «l'importance de la réalisation d'un Maghreb uni dans un espace ouvert permettant la liberté de circulation des personnes et des biens».

Les peuples du Maghreb peuvent-ils continuer à croire en cette union moribonde depuis sa création ? La rencontre de Tanger qui a, un demi-siècle avant celle de 2008, rempli de fierté les peuples de la région et suscité un grand espoir des peuples maghrébins, a désenchanté plus d'un dimanche. Tanger, symbole de l'union autrefois, est aujourd'hui symbole de la dislocation. Tanger a réparé. Tanger sépare.



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