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Côte d'Ivoire: Le redéploiement des services tarde à se concrétiser
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UN Integrated Regional Information Networks
29 Avril 2008
Publié sur le web le 29 Avril 2008
Bouaké
La crise politique qui a coupé la Côte d'Ivoire en deux, après le lancement d'une insurrection armée en 2002, a laissé des traces à Bouaké, fief de la rébellion, dans le centre du pays. En dépit d'un accord politique signé en 2007, la reprise de certains services, comme les services VIH/SIDA, se fait toujours attendre.
Outre de nombreux bâtiments publics délabrés, vidés de leurs équipements et aujourd'hui envahis par les herbes, la rareté des véhicules circulant sur des routes en piteux état est l'un des multiples signes de la paupérisation de Bouaké et de sa population au cours des dernières années.
Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bouaké n'a pas échappé à la crise. Certains bâtiments portent encore eux aussi les stigmates du conflit qui a déchiré la Côte d'Ivoire.
« Le CHU a été pillé pendant la crise », a expliqué à IRIN/PlusNews le professeur Yapo Félix Boa, nommé directeur général du CHU de Bouaké début 2008. « Les équipements ont aussi été pillés pour la plupart, et à l'exception d'une unité de MSF [Médecins sans frontières] qui marchait, le CHU ne fonctionnait plus ».
La plupart des personnels administratifs et sanitaires qui y travaillaient sont allés se réfugier dans le sud du pays, sous contrôle gouvernemental.
Aujourd'hui, plus de quatre ans et demi après le début de la crise politique et plus d'un an après la signature de l'accord de Ouagadougou entre les principaux protagonistes du conflit, qui devait permettre le retour à une certaine normalité et le redéploiement de l'administration sur tout le territoire, la situation est loin d'être réglée.
« Le CHU fonctionne au ralenti : la gynécologie, la chirurgie et la médecine générales, la pédiatrie, les urgences, ... tous les services fonctionnent a minima et certains, comme la radiologie, ne marchent pas », a dit M. Boa. « La plupart des bâtiments, qui ont été abandonnés pendant toutes ces années, doivent être réhabilités ».
De nombreux témoignages confirment que les personnels réinstallés dans le sud depuis plusieurs années sont encore réticents à revenir. Certains d'entre eux reviennent mais repartent rapidement, soit parce que leur famille s'est réinstallée dans la moitié sud du pays, soit aussi, parfois, parce que leurs logements de fonction sont aujourd'hui occupés illégalement.
Pour M. Boa, « l'administration en général est redéployée, même si on va à Abidjan [la grande ville portuaire du sud] et on revient ».
Certains services administratifs de l'hôpital, comme l'agence comptable, se trouvent néanmoins toujours à Abidjan, obligeant les responsables de l'hôpital à faire des allers-retours entre ces deux villes distantes de quelque 300 kilomètres pour régler les affaires courantes, a-t-il reconnu.
Comme de nombreuses autres administrations, le CHU manque cruellement de personnels, et doit pour l'instant se contenter de gérer les urgences médicales : tous les patients hospitalisés sont issus du service des urgences, et les consultations dans certains services n'ont pas encore repris, a dit le professeur N'Dri N'Guessan, directeur médical et scientifique du CHU de Bouaké, qui était en poste avant la crise et est revenu.
Les responsables du CHU ont évalué leurs besoins dans un plan d'urgence, entre autres concernant les ressources humaines : le nombre d'infirmiers requis pour faire fonctionner correctement l'hôpital, par exemple, est estimé à 70, alors que seuls une trentaine d'entre eux sont actuellement en activité.
Selon des données réunies par les agences onusiennes, sur les 729 infirmiers qui travaillaient dans la zone centre, nord et est du pays avant la crise, seuls 440 exerçaient dans cette même zone fin 2007.
Le VIH/SIDA confié aux ONG
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Dans ces conditions, il est pour l'instant impossible pour le CHU de proposer des services VIH/SIDA, a admis M. N'Guessan.
« On a déjà un déficit en personnels, on ne peut pas détacher des médecins, des infirmiers [sur le VIH/SIDA] », a-t-il dit.
A Abidjan, les CHU font de la prise en charge du VIH et prescrivent des antirétroviraux (ARV), mais à Bouaké, « on est en retard à cause de la guerre », a dit M. Bao, qui a dit espérer pouvoir rectifier le tir lorsque le CHU aurait retrouvé « son rythme de croisière ».
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