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Tchad: Le cas pour la libération des Français au Tchad


Sidwaya (Ouagadougou)
 

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Sidwaya (Ouagadougou)

30 Avril 2008
Publié sur le web le 30 Avril 2008

Séraphine SOME, serasome@yahoo.fr

Deux poids, deux mesures pour la France

La France a repris lundi 28 avril 2008 ses négociations pour libérer la Franco-colombienne, Ingrid Betancourt détenue par les Forces armées revolutionnaires de Colombie (FARC). Engagée dans la résolution de ce problème depuis plusieurs mois, ce qui n'a pas été le cas pour la libération des Français au Tchad ou des Bulgares en Libye. Elle apprend à ses dépens que quand la musique change de rythme, il faut changer de pas de danse.

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner a entamé, hier 28 avril 2008, une mission visant à libérer l'otage Franco-colombienne, Ingrid Betancourt, détenue par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Il va essayer de relancer le dialogue entre la Colombie et ses voisinsdu Venezuela et l'Equateur afin de se donner toutes les chances de réussir sa mission. Laquelle semble vouée à l'échec au regard du contexte de discorde qui règne actuellement dans la région d'Amérique Latine et de la position radicale des responsables FARC et colombiens. «La courtoisie nous oblige à écouter le chancelier français pour voir quelles initiatives il veut proposer ou quelle est sa vision de la question», a déclaré le ministre des Affaires étrangères colombien, Fernando Araujo. Le président de la colombiens Alvaro Uribé a été, on ne peut plus clair, lorsqu'il a annoncé qu'il n'accepterait aucune médiation d'Hugo Chavez, son homologue du Venezuela qu'il accuse d'ingérence dans les affaires intérieures de son pays. Pourtant celui-ci est le seul médiateur toléré par les FARC. Et leur chef, Ivan Marquez ne l'a pas caché lorsqu'il a affirmé que Hugo Chavez est le seul espoir pour délivrer Ingrid Betancourt. «Nos possibilités de continuer de libérer le reste des personnes sont pour l'instant closes», a-t-il ajouté. Ivan Marquez a déclaré que lorsque les FARC seront reconnues comme une force belligérante, il y aura d'autres conditions, de libération d'otage. La semaine dernière, le président Uribé a renouvelé son refus d'accorder ce statut aux guérilleros qui réclament également la libération de 500 de leurs camarades contre 39 otages politiques dont Ingrid Betancourt et trois Américains. L'Equateur et le Venezuela avaient rompu leurs relations le 3 mars dernier avec la Colombie après une attaque de l'armée colombienne en territoire équatorien au cours de laquelle le numéro deux des FARC, Raul Reyes a été tué.

Les trois pays ont rétabli les relations mais restent néanmoins méfiants les uns envers les autres. Face à ces écueils, la France risque comme en avril où il avait envoyé une mission pour libérer le célèbre otage menacé, selon lui, de mort, d'essuyer un autre échec. Elle qui est allée libérer les infirmières bulgares en Libye et les six membres de l'Arche de Zoé au Tchad, se retrouve avec des interlocuteurs (les FARC) apparemment qui ne sont pas satisfaits de ses propositions. Nous sommes amenés à penser que l'offre du président Nicolas Sarkozy pour son homologue Uribé et Ivan Marquez dans l'optique de libérer Mme Betancourt n'est pas assez intéressante pour ces principaux acteurs. Comment protéger le pouvoir d'Uribé d'une rébellion qu'il abhorre et en garantir à la même rébellion d'être reconnue comme une force belligérante avec une zone démilitarisée, sachant qu'elle cherche à s'emparer du pouvoir d'Etat ? Telle est l'équation que les Français doivent résoudre. Si en Afrique il leur a suffi d'aider un camp pour sauvé leurs acquis, protéger leurs intérêts ou emmener les siens même jugés coupables des actes qu'ils ont posés et les libérer par la suite, dans la région andine, le problème est plus corsé. Son influence est quasi inexistante sur ses vis-à-vis et négliger l'un pourrait lui coûter cher. Il l'a appris à ses dépens lorsque sa dernière mission a échoué après qu'il a envoyé un avion-ambulance pour secourir Betancourt sans avoir pris contact avec les preneurs d'otage. Une méthode propre aux anciennes métropoles, sauf qu'ici il ne s'agissait pas d'une ancienne colonie.



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