Chokri Gharbi
30 Avril 2008
Le financement, une préoccupation majeure pour devenir propriétaire
L'un des soucis d'un grand nombre de Tunisiens est d'être propriétaire d'un logement, de préférence dans la ville de Tunis, ses environs ou dans les banlieues sud et nord. Un tel choix est dicté par des considérations qui ont trait à la distance.
En effet, la concentration administrative et institutionnelle étant à Tunis - malgré les efforts de déconcentration et de décentralisation déployés -, il est tout à fait normal de choisir un logement proche du lieu du travail, des établissements scolaires et des lieux commerciaux. Ainsi, de nombreux citoyens prennent en compte en premier lieu la question de l'emplacement en choisissant un logement. Ils consultent quotidiennement les journaux pour dénicher l'oiseau rare, c'est-à-dire un logement bien situé, propre et à prix accessible. Certaines personnes se rendent directement aux agences immobilières pour choisir leur bien.
Or, le principal problème qui se pose est d'ordre financier, dans la mesure où les citoyens ont du mal - malgré l'épargne logement et les crédits contractés à cet effet - à acheter un logement, ne serait-ce qu'un petit appartement dont le prix peut atteindre 50.000dinars, voire au-delà. La question relative au taux d'intérêt que l'acheteur doit honorer à la banque est également décriée par plus d'un citoyen.
D'où la décision salutaire prise récemment par le Chef de l'Etat et qui consiste notamment à autoriser la Banque de l'Habitat à réduire le taux d'intérêt sur les prêts logement tout en maintenant inchangé ce taux à chaque fois que la période de remboursement des crédits directs dépasse les 15 ans.
Une telle mesure concerne, en réalité, trois catégories de crédits dont ceux qui sont accordés sur les ressources ordinaires de la banque et qui ne sont pas conditionnés par l'épargne. Ainsi, le taux d'intérêt du crédit équivaut, dans ce cas précis, au taux du marché monétaire (TMM) + 3% pour une période de remboursement de 15 ans avec un autofinancement de 20%. Avant la mesure présidentielle, le taux d'intérêt était calculé sur la base du TMM + 3,5% avec un remboursement sur dix ans et un autofinancement de 30%.
Quant aux crédits remboursables entre 15 et 20 ans avec un autofinancement également de 20%, le taux d'intérêt a été fixé à 8,5% au lieu de TMM + 4,5% et un crédit remboursable sur dix à quinze ans avec un autofinancement de 30%.
Autrement dit, la période de remboursement des prêts est étalée avec une réduction du taux d'intérêt. Le client - qui n'a plus à payer un taux d'intérêt considéré comme relativement élevé - et la banque trouvent ainsi leur compte. Cette dernière recouvre ses frais sur une période plus longue.
La deuxième catégorie de crédits est accordée dans le cadre du système d'épargne logement. Deux types de prêt sont servis aux clients dont les prêts ordinaires dont le taux d'intérêt n'a pas changé et reste maintenu à 6,75% avec une prolongation de la période de remboursement maximale à 25 ans au lieu de 20 ans.
Pour une utilisation rationnelle des crédits
Quant au deuxième type, il s'agit des crédits dits complémentaires dont le taux d'intérêt a été fixé à 7,5% - au lieu de TMM + 2 points - avec une période de remboursement maximale de 25 ans au lieu de 20 ans.
Les clients peuvent aussi accéder à une troisième catégorie de crédits accordés dans le cadre du plan d'épargne logement «El Jedid» et dont le taux d'intérêt est de TMM + 2% pour le système d'épargne d'une année avec une période de remboursement de dix ans. Pour le système d'épargne de deux ans, le taux d'intérêt est fixé sur la base de TMM + 2,5% avec une période de remboursement de quinze ans. Le système de trois ans est également de TMM + 2,5% avec un taux de remboursement sur quinze ans. Enfin, le système d'épargne de 4 ans a fait l'objet d'un changement puisque le taux d'intérêt est de 8% au lieu de TMM + 3 sur une période de 20 ans.
Autant de mesures qui profitent bien aux clients qui ont des prêts logement, dans la mesure où ceux-ci sont allégés suite à la diminution du taux d'intérêt et l'étalement de la période de remboursement. D'autant plus que le crédit logement constitue dans plusieurs cas un fardeau pour le citoyen, généralement employé dans une entreprise publique ou privée, et qui est appelé parfois à honorer d'autres crédits relatifs à l'achat d'une voiture, à la consommation Ces mesures viennent donc à point nommé pour améliorer un tant soit peu le pouvoir d'achat du citoyen qui est appelé, cependant, à utiliser les crédits de façon rationnelle et à gérer de la meilleure façon le budget familial pour éviter les problèmes qui pourraient entraver le remboursement.
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