Fraternité Matin (Abidjan)

Zimbabwe: Pressions internationales sur le régime Mugabé

Ernest Aka Simon

29 Avril 2008


Abidjan — Les exactions des forces de l'ordre zimbabwéennes sont dénoncées par la communauté internationale. Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est penché, mardi, sur la situation au Zimbabwe où six experts onusiens, selon l'AFP, ont dénoncé des agressions «organisées et coordonnées» et le recours à la torture contre les opposants.

Cette réunion vient accentuer la pression internationale sur le régime du Président Robert Mugabe. Les experts onusiens, spécialistes des droits de l'homme, affirment disposer, dans un communiqué conjoint, d'informations fiables sur des «actes d'intimidation, de violence et de torture» contre des sympathisants de l'opposition.

Une attitude dénoncée par le Président américain George Bush qui a affirmé que la violence et l'intimidation étaient «tout simplement inacceptables». Il a appelé le pouvoir zimbabwéen à respecter la volonté «de changement» des Zimbabwéens.

Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, inquiet de la situation dans le pays, a indiqué qu'il y a une «crise humanitaire grave», en raison de la recrudescence de la violence et du nombre de personnes déplacées, quittant leurs maisons pour d'autres lieux.

La haut- commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, s'est déclarée, quant à elle, «alarmée» par les informations faisant état d'une violence continue au Zimbabwe depuis l'élection présidentielle. Malgré la préoccupation de la communauté internationale, la Commission électorale traîne les pieds. Elle a indiqué qu'elle entendait réunir demain les candidats à la présidentielle ou leurs représentants. En vue d'obtenir un consensus sur les résultats du scrutin du 29 mars. Toutefois, son président, George Chiweshe, est resté évasif quant à la date à laquelle les résultats pourraient être enfin proclamés.

Entre temps, le régime d'Harare émet des messages contradictoires. L'ambassadeur du Zimbabwe auprès des Nations unies, Boniface Chidyausiku, a jugé que le vainqueur de la présidentielle, quel qu'il soit, devrait «former un gouvernement d'unité nationale».

Quelques minutes après cette déclaration, le gouvernement, par la voix de son porte-parole, Bright Matonga, a réagi, excluant une telle option. «S'il doit y avoir un gouvernement d'union nationale, a-t-il fait remarquer, il ne pourra pas inclure Morgan Tsvangirai parce que c'est un vendu».

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