Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Arrêt des exportations de riz par l'Inde

Ibrahima Lissa Faye

30 Avril 2008


« Un cinglant démenti à Wade », selon l'Afp

A peine l'information sur la décision du gouvernement Indien d'arrêter les exportations de riz a été relayée, elle a été reprise par le bureau politique de l'Alliance des forces de progrès (Afp). Dans un communiqué reçu hier, mardi 29 avril, les progressistes ont qualifié la Goana de Wade « d'illusions » et ont indiqué leur engagement et leur détermination à maintenir la pression sur le gouvernement. La décision du gouvernement Indien d'arrêter toutes ses exportations de riz pour faire face à la forte demande intérieur annoncée par la chaine d'information française LCI a été reprise par le bureau politique de l'Alliance des forces de progrès (Afp).

Pour lui, cette nouvelle est un « démenti cinglant » du président de la République. « A peine que Me Wade a sorti de son chapeau un accord virtuel avec l'Inde, pour la fourniture au Sénégal de 600.000 tonnes de riz par an, sur une période garantie par l'Inde, de six années, jusqu'en 2014, voilà que ce pays affirme haut et fort sa décision de mettre un terme aux exportations de cette céréale devenue stratégique », a indiqué le communiqué de l'Afp. Et de préciser : « ainsi, les faits, une fois de plus, viennent apporter un démenti cinglant à une annonce péremptoire et sans fondement, voulant amener les Sénégalais à croire à des chimères ».

Les responsables de l'Afp ont, dans la foulée, sans le nommer fait référence à la Grande offensive agricole pour la nourriture et l'abondance (Goana) pour évoquer les « illusions » dont l'Etat veut faire croire aux populations. « Au lieu de s'employer à traiter en urgence les dossiers dont l'impact économique et social est direct, le gouvernement de Me Abdoulaye Wade continue, dans la mauvaise foi qui le caractérise, à user d'expédients pour entretenir des illusions qui ne font recette que dans l'esprit de ceux-là dont l'ego hypertrophié constitue un obstacle insurmontable, pour l'appréhension d'un réel qui se résume avec les mots-clés ci-après : incompétence, opacité, contrevaleurs, contrevérités, manipulation, verbiage, tricherie, injustice, violence, autoritarisme ».

Les camarades de Moustapha Niasse sont largement sur la cherté de la vie. Pour eux « les hausses et les pénuries ne sauraient être tolérées, face à la gabegie et au train de vie dispendieux de l'Etat financé par la sueur et les privations de toutes sortes endurées par les Sénégalais ». Le bureau politique de l'Afp a estimé que « le réveil des illusionnistes risque d'être brutal, car une fois que le peuple grugé a le dos au mur, aucune violence, fût-elle la violence d'Etat détournée illégalement au service d'un clan, n'est à même de contenir sa volonté de prendre en main son destin ».

Cependant, a noté le communiqué, l'espoir est permis avec la nouvelle donne qui consacre l'évolution des rapports de force en faveur du mouvement patriotique, qui a réussi à coller aux préoccupations du peuple. « Celui-ci manifeste de manière de plus en plus nette son ras-le bol face à une minorité de prédateurs qui pensent que la rupture attendue du 19 mars 2000 correspondait à un blanc-seing laissant la porte ouverte au piétinement des règles de la République, dans l'impunité totale. Ceux qui prônent le césarisme anachronique et qui sont incapables de supporter une opinion qui leur est défavorable doivent se le tenir pour dit : les droits constitutionnels ne sont pas négociables. Les citoyens les exerceront dans le respect des lois et règlements, sans tenir compte des décisions arbitraires de dictateurs attardés qui se sont trompés d'époque et de pays », a-t-il signalé.

Le Bureau politique a réaffirmé l'option claire de l'Afp de s'inscrire résolument, avec tous les patriotes et démocrates, dans ce combat salutaire pour l'avenir de notre pays et de ses populations. En effet, a-t-il ajouté, « il apparait aujourd'hui clairement que le Secrétaire général national du Pds est incapable de se ressaisir. Avec le régime de Me Abdoulaye Wade, le naturel chassé ne se contente pas de revenir au galop. Il s'emballe tellement qu'il devient un grand danger pour les Sénégalais, qui doivent se lever comme un seul homme, pour mettre hors d'état de nuire les prédateurs impénitents et bavards ». C'est la raison pour laquelle le seul cadre de dialogue possible est, selon lui, offert par les Assises nationales auxquelles sont déjà parties prenantes plus de 70 organisations.

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