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Bénin: Les riziculteurs locaux expriment leurs inquiétudes


 

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L'Autre Quotidien (Cotonou)

30 Avril 2008
Publié sur le web le 30 Avril 2008

Gnona Afangbédji

Plan d'urgence contre la hausse du prix du riz

Le programme d'urgence d'appui à la sécurité alimentaire suscite quelques inquiétudes au niveau du conseil de concertation des riziculteurs du Bénin qui s'est prononcé, à travers une conférence de presse tenue hier au CODIAM de Cotonou.

"Nous assistons à beaucoup de déclarations d'intentions, nous voulons que des actes concrets soient posés, qu'on associe les vrais acteurs en leur apportant ce dont ils ont besoin au moment opportun" a déclaré hier Assises Fiodandji, Président du Conseil de concertation des riziculteurs du Bénin. Cette réaction des producteurs locaux du riz fait suite à la décision prise par le gouvernement béninois d'apporter des solutions internes à la crise alimentaire mondiale qui se manifeste, entre autres, à travers, la flambée du prix du riz sur le marché international. Dans sa stratégie, l'Etat, à travers le programme d'urgence d'appui à la sécurité alimentaire, envisage d'aménager 15 000 ha dans les vallées pour la production du maïs et du riz. Environ 21 000 tonnes de riz sont attendus dans les cinq prochains mois.

Le gouvernement préfinancera l'achat des intrants (semences et engrais) et apportera un appui financier aux producteurs pour l'aménagement des périmètres de cultures. « Notre souhait, indique Monsieur Fiodandji, est d'être, en notre qualité de premiers bénéficiaires de ce programme, associés à la définition et à la mise en oeuvre des actions". D'abord, les riziculteurs locaux veulent mettre en garde contre les improvisations dans la mise en oeuvre du plan d'urgence, car disent-ils, il ne servira à rien d'injecter de l'argent dans une culture sans que les acteurs ne soient impliqués. " On ne s'adresse pas aux organisations paysannes mais à des individus", s'insurgent-ils. Or, pour le Conseil, la meilleure démarche aurait été de les associer afin de connaître réellement quels sont leurs problèmes ainsi que les instruments à mettre en place pour une production de qualité.

Raisonner sur le long terme

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De plus, les riziculteurs estiment que l'Etat devra aller au-delà du plan global pour s'inscrire dans une politique à long terme de développement de la filière rizicole. Assises Fiodandji : " Il faudrait que les investissements dans le secteur agricole soient moins conjoncturels mais, plutôt, qu'ils aient un caractère structurel et que des financements récurrents accompagnent les divers programmes d'appui à la production sur des durées suffsantes". " Il nous faut une politique analogue à celle du coton, où on donne aux riziculteurs la possibilité d'acheter des intrants à crédit", préconisent les riziculteurs.

Aussi, au niveau de leur corporation, se félicitent-ils des efforts qui sont déployés pour lever les obstacles au développement de la production rizicole au Bénin. Avec l'appui d'Oxfam-Québec, le Conseil de concertation des riziculteurs a démarré un projet pilote de production de semences. Ce programme dans lequel les services de la recherche sont impliqués vise à mettre en place un modèle de gestion des semences ou l'achat, le stockage et la redistribution seront assurés par les Unions régionales de producteurs. " Les semences certifiées de quatre variétés de riz à savoir le Béris 21, le Tox, l'IR et le Nerica de bas-fonds seront produits cette année par nos multiplicateurs et redistribués à des prix étudiés aux producteurs" a annoncé Assises Fiodandji. Importateur net de riz, le Bénin subit de plein fouet la hausse du prix de ce céréale sur le marché international.

Les cours mondiaux du riz sont passés du simple au double en l'espace de quelques mois, à cause de la propension des grands producteurs mondiaux à limiter les exportations au profit de la consommation locale. L'essentiel de la production mondiale de riz est assuré par les pays qui en sont en même temps les consommateurs. Seule une part résiduelle de 7% concerne les échanges internationaux. 90% de la production provient d'Asie du Sud Est, où cinq pays, à savoir la Chine, L'Inde, l'Indonésie, le Vietnam et la Thaïlande, contribuent pour plus de 70%.



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