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Tunisie: L'impératif de légiférer et de communiquer


La Presse (Tunis)
 

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La Presse (Tunis)

30 Avril 2008
Publié sur le web le 30 Avril 2008

S. Hamrouni

Le Centre technique de l'agro-alimentaire (Ctaa) et le Centre de biotechnologie de Borj Cédria ( Cbbc) ont organisé, hier, à la cité des Sciences une journée d'information intitulée " Organismes génétiquement modifiés OGM et alimentation".

Les OGM sont un domaine de recherche de pointe dans lequel la frontière technologique est sans cesse repoussée. Les OGM deviennent une solution scientifique pour augmenter la production des produits alimentaires. L'aspect révolutionnaire de ces nouvelles techniques ainsi que les potentialités qu'elles permettent d'envisager engagent à une réflexion éthique. "Les OGM laissent rarement indifférent .

On raconte beaucoup de choses au sujet des nouveaux aliments génétiquement modifiés. A leur sujet, il y a beaucoup d'affirmations mais aussi de nombreuses interrogations qui se posent sur les risques. Il faut donner aux consommateurs les informations nécessaires sur les OGM. De même, tous les intervenants dans la filière doivent multiplier les rencontres et les débats sur la réglementation et le contrôle de la production des OGM", a précisé M. Mohamed Chokri Rejeb, directeur général du Ctaa.

Les applications des OGM sur le maïs, le soja, le coton, la pomme de terre , la tomate sont déjà commercialisées. "Il y a de bons exemples d'OGM comme les plants résistants à la sécheresse, des vaccins, des alicaments, le riz doré utilisé contre la cécité chez l'enfant en Chine et autres. Mais, ce qu'on remarque c'est l'absence d'information juste et rationnelle sur les OGM commercialisés. Le consommateur moyen exprime des sentiments de défiance vis à vis de la commercialisation de ces produits", a souligné Dr Abdelwahed Ghorbel directeur général du Cbbc.

En Tunisie, les différents centres de biotechnologie, les laboratoires et les unités de recherche travaillent essentiellement sur les vignes, les halophytes, la pomme de terre, le blé, le piment, la tomate et le palmier-dattier.

Ainsi, les OGM doivent être contrôlés, évalués et traçabilisés dans la transparence. La traçabilité identifie le pays d'origine du produit, son historique, ses composantes et les risques alimentaires réels ou fictifs. " Les OGM largement en circulation sont le soja avec 64 % des quantités commercilalisées, 43 % du coton commercialisé est génétiquement modifié, 24 % du maïs et 20% du Colza. Les produits dérivés des OGM sont les aliments, les ingrédients, les additifs, les supports d'arômes et les enzymes. Toutefois, l'évaluation des risques est très lente et coûteuse. Cette évaluation doit respecter les normes internationales", a ajouté Dr Ghorbel

Le développement des technologies a toujours fait garder à l'esprit une balance entre les avantages et les risques. Il faut, donc, parler de ces risques puisque maintenant rien ne se cache. Il y a des risques pour le consommateur, l'animal et l'environnement. Il y a également des craintes économiques de dépendance des fermiers vis à vis des semenciers.

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"L'évaluation des OGM est délicate. Aucun OGM approuvé ou commercialisé ne contient de substances allergènes connues. Au niveau de la réglementation, il y a absence de consensus international sur l'étiquetage et la traçabilité des aliments OGM. En Tunisie, une étude en 2005/2006 pour l'évaluation des risques sanitaires a montré une absence de législation spécifique aux OGM et une absence de procédures administratives spécifiques pour informer les consommateurs", a indiqué Mme Alia Mahjoub de l'Agence nationale de contrôle sanitaire et environnemental des produits.

Ladite étude a montré qu'il n' y a aucune exigence d'importation concernant les OGM, aucune mention sur l'emballage et aucune précaution prise par les importateurs. C'est un choix purement économique pour les produits moins chers. " Seulement 1/3 des aviculteurs sont conscients qu'il s'agit de produits OGM. L'étude a mentionné une liste de recommandations. Il s'agit surtout de l'accélération de la finalisation de textes réglementaires et l'élaboration d'un programme de sensibilisation et d'information sur la circulation des OGM", a ajouté Mme Mahjoub.

Notons que le texte de réglementation des OGM en Tunisie est dans sa phase finale au niveau du Premier ministère.



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