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Namibie: A vos bicyclettes !
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UN Integrated Regional Information Networks
30 Avril 2008
Publié sur le web le 30 Avril 2008
Kehemu
Salome Vendura, une soignante à domicile, sait d'expérience que dans les vastes régions rurales de Namibie, l'un des éléments clés de l'observance au traitement contre le VIH est l'accès à un système de transport fiable et abordable.
Dans la communauté de Mme Vendura, à Kehemu, dans le nord de la Namibie, l'hôpital le plus proche est situé à cinq kilomètres - une distance que ne peuvent parcourir à pied les plus faibles de ses patients.
« Auparavant, nous mettions les patients dans des taxis privés et nous disions aux chauffeurs que nous étions sans le sou », a raconté Mme Vendura, une jeune femme de 27 ans. « Les chauffeurs refusaient de nous prendre à cause de la stigmatisation et de la discrimination liées au VIH/SIDA ».
La Namibie est un pays étendu, dont 19,9 pour cent de la population adulte est infectée au VIH, selon les estimations. Compte tenu de l'absence de système de transport abordable, de nombreuses communautés sont isolées et n'ont pas accès aux soins de santé, à l'emploi ou aux campagnes de prévention contre l'épidémie.
C'est dans un tel contexte que Bicycling Empowerment Network Namibia (BEN Namibia), une jeune organisation non gouvernementale (ONG) basée à Windhoek, la capitale, a vu le jour.
Depuis 2005, BEN Namibia a distribué plus de 4 000 bicyclettes aux Namibiens les plus démunis, ainsi qu'aux organisations communautaires qui prodiguent des soins à domicile aux personnes vivant avec le VIH/SIDA et à celles qui portent assistance aux orphelins et enfants vulnérables.
Bien qu'il soit difficile de pédaler en Namibie, compte tenu du sable, du vent et des épines, selon l'ONG, la bicyclette est la meilleure solution qui puisse être proposée aux personnes indigentes dans le pays.
« En Namibie, des gens meurent, car ils n'ont pas accès à un moyen de transport », a rappelé Michael Linke, directeur de BEN Namibia.
L'idée est de responsabiliser les personnes infectées et affectées par le VIH en leur donnant accès à un moyen de transport peu onéreux et fiable.
« Il s'agit d'une question d'accès aux soins de santé, à l'éducation et aux possibilités économiques », a expliqué M. Linke. « En Namibie, il existe une grande dichotomie au sein du système de transport. Le système de transport public est inefficace et les taxis privés sont chers ».
Aller plus loin
Selon les résultats d'une étude menée conjointement par BEN Namibia, la Communauté internationale des femmes vivant avec le VIH/SIDA, et l'Unité juridique pour le sida du Centre d'assistance juridique à Windhoek, la capitale, les personnes vivant avec le VIH/SIDA, et notamment les femmes, consacrent mensuellement, entre 20 et 40 nad (2,50 et cinq dollars), à la collecte de leur traitement.
Cependant, en Namibie, près de 35 pour cent de la population vit avec moins d'un dollar par jour. En conséquence, de nombreux malades se privent de leurs médicaments, ou n'observent leur traitement que sporadiquement. Les soignants à domicile, quant à eux, doivent effectuer tous les déplacements à pied.
A ce jour, BEN Namibia a distribué au total huit conteneurs en acier, renfermant quelque 300 bicyclettes, à des organisations communautaires. Il s'agit souvent de bicyclettes usagées, trouvées dans de vieux garages ou dans des magasins de seconde main de pays développés.
Ces organisations distribuent à leur tour certaines bicyclettes aux soignants, afin de leur permettre de voir un plus grand nombre de patients par jour.
« En règle générale, les soignants parcourent de longues distances afin de rendre visite à leurs patients », a souligné M. Linke. « Grâce aux bicyclettes, ils peuvent voir plus de patients, se rendre davantage dans la brousse et passer plus de temps auprès des malades ».
La bicyclette-ambulance
Peu après avoir distribué les bicyclettes aux soignants à domicile, BEN Namibia a remarqué que ceux-ci transportaient jusqu'à l'hôpital ou la clinique, sur leurs porte-bagages, des patients parfois très malades.
« Lorsque vous êtes presque dans le coma, très malade ou très affaibli par la malnutrition, la dernière chose que vous souhaitez faire est de vous asseoir à l'arrière d'une bicyclette. C'est la raison pour laquelle nous avons créé la bicyclette-ambulance », a expliqué M. Linke.
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