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Afrique: Interview avec le chanteur sénégalais Youssou N'Dour - "Nous ne sommes ni pour la gauche ni pour la droite"


Inter Press Service (Johannesburg)
 

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Inter Press Service (Johannesburg)

INTERVIEW
30 Avril 2008
Publié sur le web le 30 Avril 2008

David Cronin
Bruxelles

Si un fan européen de la musique rock a juste un album d'un artiste africain dans sa collection, il y a une chance plus forte que la moyenne qu'il soit enregistré par Youssou N'Dour, le chanteur sénégalais.

Le statut de ce Sénégalais en tant qu'exportation culturelle la plus lucrative de son continent a été mis en évidence en 2005, lorsqu'il a été le seul Africain à jouer au principal concert Live8 au Hyde Park, à Londres, un événement qui a attiré plusieurs millions de téléspectateurs, selon ses organisateurs.

De même qu'il enchante les spectateurs par ses prestations exubérantes en direct, N'Dour fait pression régulièrement sur les dirigeants du monde, les exhortant à faire preuve d'une détermination plus grande à s'attaquer à la pauvreté africaine.

Au sommet du Groupe des Huit (G8) à Heiligendamm, en Allemagne, de l'année dernière, il a rejoint les stars irlandaises du rock, Bono et Bob Geldof, pour protester contre la manière dont les promesses faites par les premiers pays industrialisés d'augmenter l'aide au développement ne sont pas en train d'être honorées. Ambassadeur de bonne volonté du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), il est spécialement impatient de voir s'intensifier les efforts internationaux pour combattre le paludisme.

N'Dour s'est entretenu avec le correspondant de IPS à Bruxelles, David Cronin.

Les données publiées ces quelques dernières semaines indiquent que le montant de l'aide que des pays riches accordent aux pays pauvres diminue. Cela vous afflige-t-il?

Si les pays du G8 décident de réduire leur aide au développement, ce serait une catastrophe. Avec l'augmentation du coût de vie, en particulier dans des pays pauvres, nous avons besoin de plus d'aide, spécialement parce que des enfants sont plus exposés aux maladies comme le paludisme. Je suis très déçu par la réduction de l'aide.

Louis Michel, le commissaire européen au développement, a déclaré, la semaine dernière, qu'il ne croyait pas que les gouvernements de l'Union européenne (UE) considéraient l'aide au développement comme une priorité. Etes-vous de son avis?

Ce que Louis Michel dit est vrai. Mais ce n'est pas suffisant. L'Union européenne doit maintenir son leadership sur l'aide.

Mais cela est-il amoindri par ses efforts d'imposer la libéralisation du commerce sur l'Afrique? Etes-vous d'accord avec Abdoulaye Wade, le président de votre pays natal, le Sénégal, qui a été très critique vis-à-vis des Accords de partenariat économique que l'UE veut conclure avec l'Afrique?

Je partage entièrement l'avis de Wade. Les accords entre l'Europe et l'Afrique doivent être modifiés.

Tout le monde sait que le système commercial n'est pas juste. Prenez l'exemple de l'agriculture. L'Europe peut subventionner ses agriculteurs, mais ceux d'Afrique ne sont pas subventionnés. Lorsque les agriculteurs européens vendent leurs produits agricoles, ils les vendent à un prix plus bas que les nôtres. Cela n'est pas juste.

Les navires européens opérant dans les eaux du Sénégal sont accusés d'avoir causé beaucoup de dommages au secteur des pêches dans votre pays. L'ancien accord sur les pêches entre l'UE et le Sénégal a expiré et n'a pas été renouvelé. Est-ce une bonne chose?

Au cours des huit dernières années, le gouvernement sénégalais a essayé de poursuivre une certaine vision. Il est juste d'essayer de changer cet accord historique. Un gouvernement qui vient au pouvoir sans tenter de changer les choses devrait sauter.

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Comment vous sentez-vous à propos de l'impasse électorale au Zimbabwe et le défi qu'elle représente pour l'Afrique?

Le problème au Zimbabwe est celui du courage. Il y a de bonnes choses qui se passent en Afrique, mais nous sommes un continent de contradiction. Nous avons vu des élections démocratiques dans certains pays. Mais quand le monde voit une avancée de la démocratie, ensuite nous voyons quelque chose comme ce qui se passe au Zimbabwe. C'est tragique.

Le monde doit aider à faire avancer la démocratie. Il doit y avoir des élections transparentes. Et quand quelqu'un gagne une élection, il doit être en mesure de gouverner.

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