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Sénégal: Le paludisme reste une des principales causes de mortalité


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UN Integrated Regional Information Networks

29 Avril 2008
Publié sur le web le 30 Avril 2008

Kinshasa

Agée de trois ans, Exaucée Makembi est très faible depuis trois jours. Elle dort dans les bras de Tina Nzongola, sa mère, qui l'a conduite dans un centre de santé de la banlieue de Kinshasa. La petite fille souffre de paludisme. Le médecin a prescrit un traitement soluble à base d'artésunate qui coûte environ cinq dollars, mais Mme Nzongola se plaint de ne pas avoir les moyens de se l'acheter.

A côté d'elle, dans des lits, d'autres patients, jeunes et vieux, sont traités à la quinine et aux antibiotiques parce que leurs cas sont plus graves, selon l'infirmière.

« La plupart des patients que nous recevons souffrent de paludisme », a indiqué Baby Bilo, consultant dans un autre centre de santé de la région.

Et la situation est la même à travers tout le pays. « Actuellement, malgré les efforts déployés, le paludisme est la première cause de maladie et de mortalité dans le pays et en Afrique », a expliqué Yacouba Zina, chef du projet paludisme au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Selon M. Zina, en moyenne cinq millions de cas de paludisme sont recensés chaque année dans tout le pays, qui compte près de 60 millions d'habitants.

Chaque année, entre 500 000 et un million de personnes meurent du paludisme.

Néanmoins, d'après le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), certains avancées ont été observées. « Des médicaments ont été distribués aux malades, des moustiquaires imprégnées ont également été données aux populations et des campagnes de sensibilisation ont été menées », a expliqué Jean Angbalu, directeur adjoint du PNLP.

« Actuellement, malgré les efforts déployés, le paludisme est la première cause de maladie et de mortalité dans le pays et en Afrique »

Pour faire face à la maladie, a-t-il indiqué, le gouvernement congolais a adopté depuis 2006 une stratégie intégrée qui prévoit notamment l'utilisation de moustiquaires imprégnées.

« Les moustiquaires imprégnées sont offertes ou vendues à 50 centimes de dollars, tandis que d'autres partenaires les vendent à 18 centimes de dollars », a indiqué M. Angbalu.

Selon M. Zina, le Fonds mondial, à l'instar d'autres partenaires (l'Union européenne et la Banque mondiale), s'est assuré que les nouveaux médicaments à base d'artésunate et d'amodiaquine soient vendus à 10 pour cent de leur valeur réelle.

Néanmoins, a-t-il souligné, le nombre de cas de paludisme semble augmenter. Et il y a plusieurs raisons à cela.

La première raison, d'après M. Zina, est que le paludisme est une maladie endémique en RDC, compte tenu de la situation géographique du pays.

La deuxième raison est l'impossibilité, pour la majorité de la population, de se procurer les nouveaux médicaments, a-t-il poursuivi. En outre, la nouvelle stratégie a permis d'améliorer les méthodes de dépistage, incitant bien plus de personnes à se faire dépister, et les diagnostics sont rapides.

Résistance

« La tendance à la hausse du nombre de cas de paludisme semble se poursuivre et l'on observe également beaucoup plus de cas graves en raison de la résistance [de la maladie à certains médicaments utilisés jusqu'ici], un phénomène qui s'explique, entre autres facteurs, par l'automédication », a indiqué M. Zina.

« Et cela se traduit par un taux de mortalité élevé chez les nourrissons, dû à cette résistance aux traitements », a-t-il affirmé.

Et bien que les nouveaux médicaments soient vendus 10 fois moins cher que leur prix réel, grâce au partenariat du gouvernement avec les organisations internationales, ils ne sont pas facilement accessibles à la majorité de la population, ont par ailleurs souligné MM. Zina et Angbalu.

En outre, la distribution des moustiquaires imprégnées ne couvre pas toutes les zones sanitaires. En effet, selon M. Angbalu, sur les 515 zones sanitaires que compte le pays, seules 35 ont été couvertes.

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Le programme du Fonds mondial prévoit toutefois d'en distribuer dans 120 zones sanitaires, et des partenaires tels que la Banque mondiale et l'Union européenne se chargeront de couvrir les autres zones.

Mais en matière de prévention, il est possible d'en faire davantage, a indiqué M. Zina. Les programmes officiels de sensibilisation à l'hygiène, et ceux menés à travers les médias n'ont pas été suffisants, a-t-il fait remarquer.

« En plus, les moustiquaires imprégnées distribuées sont insuffisantes, puisqu'elles n'ont été données qu'aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans, alors que les autres membres de la famille, qui n'en ont pas reçues, sont exposés à la maladie », a-t-il affirmé.



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