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Tunisie: Microfinance et développement - On ne prête plus qu'aux riches


La Presse (Tunis)
 

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La Presse (Tunis)

2 Mai 2008
Publié sur le web le 2 Mai 2008

Fadhila Bergaoui

On ne prête qu'aux riches dit-on. L'adage qu'on croyait en roc est sérieusement entamé et cela depuis déjà un bon moment.

Car, si la microfinance avec tout ce que cela englobe de produits diversifiés n'a commencé que récemment dans la région arabe, il faut croire que les exclus du système bancaire seront de plus en plus nombreux à vouloir construire leur vie grâce à la microfinance. Le phénomène prend en effet des dimensions sans précédent avec la précision d'une clientèle insoupçonnée : les femmes d'abord pour lesquelles un minicrédit est un moyen non seulement de générer des revenus, mais aussi de leur conférer ce pouvoir décisif dont elles étaient exclues jusque-là, tous les pauvres ensuite qui peinent tant bien que mal à confirmer et à consolider une activité. Ce sont les petits paysans, les petits commerçants prestataires de services, les artisans, les vendeurs ambulants, toute cette catégorie de gens qui sont à l'origine du secteur informel.

La microfinance, avec sa gamme de services constamment élargie pour englober aussi bien le minicrédit que l'épargne, l'assurance et le transfert d'argent, devient un recours, peut-être même le seul recours à des millions de personnes pour réaliser des activités productrices.

Dans certaines régions du monde (Asie notamment) le phénomène est fortement encouragé et soutenu à grand renfort de réglementations juridiques. La microfinance pèse de plus en plus lourd dans la mobilisation aussi bien des richesses qu'en tant que facteur d'équilibre social et de sécurité alimentaire.

Chez nous, dans la région arabe, la microfinance est en pleine phase de reconnaissance. Elle intéresse et commence à attirer l'attention aussi bien d'une clientèle neuve et énorme, représentée par des millions de femmes assoiffées du désir de se tailler un statut d'agent économique reconnu et reconnaissable, d'homme n'ayant pas réussi à s'intégrer d'une manière continue et parvenue au circuit économique. Avec la désagrégation de l'économie protégée, la microfinance intéresse même les gouvernants. Elle pourrait être source de revenus et de richesse comme elle pourrait être un facteur de paix et de sécurité.

Aujourd'hui, en tous les cas, la région arabe qui s'est dotée à cet effet d'un réseau au nom porteur de rêve et d'espoir (sanabel, épis), enregistre quelque trois millions de microentrepreneurs gérés par une soixantaine d'ONG appartenant à onze pays arabes. Et même si les services de la microfinance arabe restent centrés sur le microcrédit comme l'atteste une étude d'impact du réseau Sanabel, même si l'épargne libre et l'assurance restent marginales, même si la pénétration du marché est encore limitée, la microfinance a de beaux jours devant elle.

Car c'est un créneau porteur en ce sens que la microfinance présente un niveau de risque faible pour un retour sur investissement acceptable.

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Les investisseurs l'ont-ils compris, toujours est-il que les riches qui ne veulent plus être que des donateurs, semblent de plus en plus enclins à se comporter en réels investisseurs. Avec la flambée sans précédent du baril de pétrole, avec les revenus fabuleux générés par cette flambée, une masse monétaire énorme demande à être investie. La microfinance sous cet angle est attrayante. Pour les pauvres, cet argent, une fois à leur portée de main, pourrait transformer leur vie. Est-ce pour cette raison que Sanabel espère d'ici à peine deux ans transformer quelque 10 millions de démunis en micro-entrepreneurs confirmés?



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